Quand Israël et les États-Unis bombardaient l’Iran, Pékin n’a pas réagit. Jusqu’à ce que Trump annonce fermer le détroit d’Ormuz, et bloquer la circulation du pétrole, mettant en danger l’économie chinoise. Pourquoi cette prudence de la Chine ?
Le 12 avril dernier, en plein cessez-le-feu avec Téhéran, le président Donald Trump annonçait le blocus des ports iraniens en interdisant le passage au niveau du détroit d’Ormuz des bateaux venant du pays des ayatollahs ou s’y rendant. Dans cette guerre étrange par bien des aspects, le président américain mettait fin à l’une des bizarreries de ce conflit : depuis fin février les armées américaine et israélienne bombardaient l’Iran pour lui faire rendre gorge mais sans verrouiller hermétiquement le pays. La réponse des Chinois ne s’est pas fait attendre. Le 14 avril, le porte-parole de leur diplomatie, Guo Jiakun, déclarait :
« Les États-Unis ont intensifié leurs opérations militaires et imposé un blocus ciblé, ce qui ne fera qu’exacerber les tensions, fragiliser un accord de cessez-le-feu déjà fragile et compromettre encore davantage la sécurité du passage dans le détroit. Il s’agit d’un comportement dangereux et irresponsable. »
En Europe, on frissonne. Risquons-nous un conflit armé entre Washington et Pékin ?
Poser les faits
Pour répondre, il faut bien poser les faits. Quand Israël et les États-Unis bombardaient l’Iran, la Chine n’a pas pipé mot. Pourtant, elle compte l’Iran parmi ses amis. Mais environ un tiers du pétrole consommé par les Chinois transite par le détroit d’Ormuz. Aussi, quand Trump veut fermer le passage, l’économie chinoise est-elle en danger. Là, piqué au vif, Xi Jinping réagit. Dans des termes mesurés cependant, compte tenu de la gravité des conséquences pour son pays. Dans l’immédiat, un risque de conflit armé entre les deux principales puissances économiques mondiales ne semble pas possible. Mais pourquoi cette prudence de la Chine ? D’abord, militairement, la Chine ne fait pas le poids face aux États-Unis. Et elle le sait. En premier lieu financièrement. Quand Washington consacrait 997 milliards de dollars par an à son effort militaire en 2024, la Chine dépensait moins d’un tiers au même titre. Le résultat est là : si les États-Unis alignent une vingtaine de porte-aéronefs, la Chine se contente de sept vaisseaux de ce type. Quand les États-Unis font voler 2 800 avions de chasse, la Chine ne dépasse pas les 1 700 appareils, de plus largement dépassés par la technologie américaine.…







