L’autre front israélien : le Liban

Publié le 09 Avr 2026
liban israël

Un soldat israélien fait le guet, au Sud-Liban, le 11 mars dernier. (IDF Spokesperson's Unit / CC BY-SA 3.0)

Au lendemain de la mort, par attaque israélienne, de l’ayatollah Khamenei, le Hezbollah a répliqué contre Israël, engageant le Liban dans le conflit, et provoquant des bombardements contre les villages libanais.

  Le 1er mars, la République islamique d’Iran confirmait la mort de l’imam Ali Khamenei à la suite d’une attaque des forces conjointes américano-israéliennes à Téhéran. Pour les chiites du monde entier, celui-ci était la référence politique de l’Iran, selon la Constitution de ce pays, mais aussi le chef religieux de la branche la plus importante du chiisme. Une sorte de « pape » aux yeux de cette communauté. Certes, il avait du sang sur les mains, comme d’autres chefs d’État, mais, politiquement parlant, était-il avisé de l’assassiner ? La réponse n’a pas tardé à venir du Hezbollah libanais, chiite également et inféodé à l’Iran. Le 2 mars, pour venger la disparition de son leader religieux, cette milice tirait une salve de projectiles contre le nord d’Israël, visant même un site de défense antimissile au sud de Haïfa. En représailles, à 3 heures, dans la nuit, les avions israéliens bombardaient Beyrouth. Puis l’armée de l’État hébreu « ordonnait » l’évacuation de 50 villages et plus tard de tout le Sud-Liban, la zone frontalière.

Un cessez-le-feu jamais respecté

Même si l’attaque d’une milice contre un pays tiers est intolérable, les Israéliens étaient visiblement pressés d’en découdre. Du reste, et en dépit du cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, un an plus tard, l’armée israélienne avait déjà effectué 47 raids et tué 127 personnes, dont plus de la moitié de civils dans le Sud-Liban. Aujourd’hui, les attaques d’Israël ne font que monter en intensité. Les forces des Nations unies, les Casques bleus, signalent l’entrée de soldats israéliens dans plusieurs villages libanais. On sent Tel-Aviv exécutant un plan conçu à l’avance. Il lance aussi des incursions en Syrie, dans la région druze, et annonce la création d’une « zone tampon » pour protéger Israël au Sud-Liban. Dans cette perspective, les gens chassés de chez eux risquent de ne jamais pouvoir retrouver leurs biens, alors même que leur terre est connue pour sa fertilité. Aussi quelques-uns s’accrochent et refusent de monter vers le nord. Parmi les récalcitrants, les habitants des villages chrétiens qui souffrent d’une double persécution : d’un côté celle d’Israël, de l’autre celle du Hezbollah. Les attaques israéliennes sont destructrices. Les bombardements remontent jusqu’à Beyrouth, détruisant des immeubles entiers. Le 14 mars, elles mettent à terre…

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Alain Chevalérias

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