Dans Immigration, mythes et réalités (Fayard), Nicolas Pouvreau-Monti décrypte les statistiques récoltées par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie depuis cinq ans, et esquisse un phénomène français en constante augmentation. Entretien.
| Vous publiez un ouvrage qui constitue une synthèse du travail statistique réalisé au cours des dernières années par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID). Pouvez-vous revenir sur votre rôle au sein de cet organisme et sur les objectifs qui l’animent ?
J’ai fait partie des cofondateurs de l’OID il y a cinq ans. Nous sommes partis de constats simples et toujours actuels : la place centrale de l’immigration dans l’opinion publique et la défiance généralisée envers les faits et les données statistiques, qui doit beaucoup au discours de l’expertise officielle. Nous regrettions l’absence de débats de fond et appuyés sur des preuves factuelles. Je suis depuis deux ans à la direction de l’OID, qui, pour s’assurer une indépendance complète, ne repose que sur des dons libres de citoyens qui tiennent à faire émerger les faits.
| Votre ouvrage est le premier à s’appuyer sur les données de l’OID. Quelles raisons ont présidé au choix de cette temporalité ?
Nos travaux rencontrent désormais un écho large et régulier dans le domaine médiatique. La publication de ce livre aujourd’hui est motivée par différentes raisons, notamment l’approche des élections présidentielles de 2027. Il me semble qu’il y a, dans une part du discours « officiel », une forte relativisation du phénomène migratoire, accompagnée d’une naturalisation de ce même phénomène. On cherche à dépolitiser l’immigration en la présentant comme une fatalité, comme pourrait l’être la météo. Au contraire, c’est une question politique par essence, qui touche au rôle de l’État dans ses fonctions essentielles et qui doit pouvoir être discutée lors de la prochaine campagne présidentielle, laquelle constitue le lieu habituel des grandes discussions nationales. Les options migratoires actuelles ont été prises sans consentement démocratique clair. Or, entre les deux tiers et les trois quarts des sondés estiment qu’il y a trop d’immigration en France. Il s’agit donc d’un sujet d’ampleur, qui n’intéresse pas seulement les électeurs du RN.
| Vous dénoncez, en préambule de votre livre, un « flou entretenu sur les faits ». Comment faites vous, au sein de votre Observatoire, pour vous procurer ou pour établir des chiffres incontestables ?
Tout d’abord, les données disponibles en matière d’immigration ont…







