DOSSIER n° 1855 : « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? »
Christian Flavigny, pédopsychiatre français, a vu venir de loin ce mouvement d’embrasement de la théorie du Genre et s’attache, depuis 2012, à en contrer les ravages chez les mineurs. La manifestation de ce qu’on appelle « dysphorie de Genre », chez l’enfant, est un tourment auquel la psychologie, telle qu’elle est pratiquée en France, peut et doit apporter son aide.
| Quel rôle a joué le monde anglo-saxon dans cette déferlante de la théorie du Genre ?
Le psychiatre américain Robert Stoller (1925-1991) théorisa et popularisa la distinction entre le sexe biologique et le « Genre » psychologique (en anglais : gender), pour tenter d’expliquer la situation d’enfants nés avec une ambiguïté sexuelle (anomalie médicale faisant prendre l’enfant pour enfant de l’autre sexe que son sexe chromosomique : enfants dits « intersexes ») ; cette distinction n’a rien expliqué, mais elle a fait naître une notion, « l’identité de Genre », dont des associations militantes se sont emparées pour s’affirmer au sein de la vie sociétale normative nord-américaine : la fameuse « autodétermination de Genre » est ainsi née, convenant à son contexte individualiste. De « je suis qui je dis que je suis », cela déboucha sur le fait de caractériser un malaise dans l’identité sexuée par l’explication « je suis dans le mauvais corps ». La cause du malaise fut décrétée d’origine corporelle, comme une erreur de distribution sexuée. Cette approche anglo-saxonne fut par la suite entérinée en France, alors que notre culture psychologique détient la profondeur psycho-affective mettant à l’épreuve l’identité sexuée.
| Comment cette identité sexuée est-elle générée ?
L’appropriation de son propre corps par l’enfant est le résultat d’une construction psychique progressive. L’enfant connaît son sexe corporel mais pour habiter celui-ci il doit intégrer ce qui lui correspond ; il le fait depuis l’identification à son parent de même sexe, le petit garçon au père, la petite fille à la mère, pour s’approprier le masculin pour lui, le féminin pour elle. Mais il peut y avoir des aléas à cette identification, complexifiant le processus psychoaffectif durant le temps de l’enfance et de l’adolescence.
| Mais ces mineurs qui consultent avec l’envie de changer de sexe souffrent bien de maux précis ?
Ces jeunes vivent un véritable désarroi : l’harmonisation permettant d’habiter son corps sexué n’est pas parvenue à opérer la certitude « bien sûr…







