L’abbé Jacques Olivier, nouveau recteur du sanctuaire de Domrémy

Publié le 18 Mai 2026
Jeanne d’Arc Domrémy abbé Jacques Olivier

Basilique du Bois-Chenu à Domrémy-la-Pucelle. (Zairon, CC BY-SA 4.0)

jc olivier 2020 09 18 18 14 06 607x1024 1 olivierLe 26 avril, Mgr Gourdon, évêque de Saint-Dié (Vosges), a nommé l’abbé Jacques Olivier recteur du sanctuaire de Domrémy et de la Basilique Sainte-Jeanne d’Arc. Actuellement au service de Notre-Dame de Bermont, l’abbé Olivier prendra ses fonctions en septembre 2026. Il répond à nos questions.

 

| Vous venez d’être nommé par Mgr François Gourdon, évêque de Saint-Dié, au service du sanctuaire de Domrémy. Quels seront votre titre et vos missions ?

Nous sommes deux prêtres à avoir été appelés par Mgr Gourdon pour être les chapelains au service du sanctuaire de Domrémy. Concrètement, l’évêque souhaite que ce sanctuaire puisse accueillir davantage de pèlerins et devenir une oasis spirituelle pour le diocèse : de nombreux groupes de toutes les sensibilités viennent en pèlerinage à Domrémy. L’idée est d’y rendre les sacrements accessibles quotidiennement afin d’en faire un lieu où les pèlerins puissent trouver une présence sacerdotale, avec la messe, des confessions en plusieurs langues, l’adoration du Saint-Sacrement, des visites. 

Le sanctuaire de Domrémy comprend la basilique, l’église du village natal de sainte Jeanne d’Arc et la chapelle Notre-Dame de Bermont. Je continuerai à résider et à célébrer la messe à l’ermitage de Bermont, dans la continuité de mon ministère actuel, mais j’exercerai aussi un ministère régulier dans le reste du sanctuaire.

 

| Pourquoi votre évêque a-t-il fait appel à un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) pour ce service ? 

Je dirais plutôt que l’évêque a fait appel à un prêtre originaire du diocèse, historien et théologien de Jeanne d’Arc et qui peut donc accueillir les pèlerins sur ce thème-là ; j’ai également l’expérience d’un autre sanctuaire : j’ai été à Lourdes pendant neuf années.

Cette nomination montre cependant que la FSSP peut rendre service à l’Église de France pour un tel ministère, comme c’est le cas à Lourdes où un chapelain dit la messe traditionnelle tout en étant au service habituel du sanctuaire. À Domrémy, cela permettra d’accueillir avec la même ouverture les fidèles de la messe traditionnelle.

 

| Votre ministère actuel est au service du sanctuaire Notre-Dame de Bermont. Quelle en est l’importance dans la vie de sainte Jeanne d’Arc ?

Ce sanctuaire se situe à trois kilomètres et demi de la maison natale de Jeanne. Elle y venait à pied presque tous les samedis pour prier et allumer des cierges. C’est en ce lieu qu’elle a reçu une grande partie de ses apparitions de saint Michel, sainte Catherine d’Alexandrie et sainte Marguerite d’Antioche. Cette chapelle est restée un ermitage entre l’an Mil et la Révolution française, très discret au fil des siècles : c’est un lieu de prière et de recueillement en retrait de la basilique et de la maison natale.

La chapelle du temps de Jeanne n’a pas changé, on y trouve toujours les statues du Christ, de Notre-Dame de Bermont et de Saint Thibault devant lesquelles elle a prié, ce qui en fait l’endroit le mieux conservé du Domrémy médiéval. En 1993, le diocèse a confié à l’association Notre-Dame de Bermont la restauration et la charge de cette chapelle où est célébrée depuis lors la messe traditionnelle. 

Chapelle Notre Dame de Bermont olivier

La Chapelle de Bermont se situe à 3 km de Domrémy. (AJOLI, CC BY-SA 3.0)

 

| Vous évoquiez votre travail de théologien. Quel message de sainte Jeanne d’Arc avez-vous voulu transmettre pour notre temps dans votre thèse Pouvoir royal et Pouvoir ecclésial – Le prophétisme de sainte Jeanne d’Arc au service de la Chrétienté ? 

Le message de Jeanne est un message de Dieu qui s’adresse à ceux qui détiennent le pouvoir. 

Aux détenteurs du pouvoir politique, Jeanne vient rappeler que tout pouvoir vient de Dieu : « de par le roi du Ciel ». En pleine guerre de Cent Ans, qui n’est autre qu’une querelle dynastique, elle rappelle que la légitimité du pouvoir ne vient d’abord ni de la force, ni de la loi (comme la loi salique), ni du peuple (comme en démocratie) mais simplement de l’onction du sacre qui vient de Dieu par l’Église. Ce qui fait formellement le roi, c’est le fait d’être sacré.

Jeanne transmet aussi un message aux évêques quant à l’exercice du pouvoir religieux, en adressant ces mots à Cauchon et à l’Université de Paris pendant son procès : « Dieu premier servi ». Ceux qui dirigent l’Église doivent s’occuper des choses religieuses et en aucun cas se soumettre au pouvoir politique comme ils l’ont fait dans la querelle dynastique. Le pouvoir spirituel doit être au service du spirituel.

On peut ici parler de prophétisme au sens large : par la voix de Jeanne, Dieu prend la peine d’intervenir au crépuscule de la Chrétienté pour transmettre un message, accompagné de miracles car ce qu’elle fait est manifestement impossible. Bien que personne ne l’ait écoutée – Charles VI l’a abandonnée après avoir été sacré et l’évêque Cauchon l’a fait brûler vive –, le message de Jeanne est universel et donc très actuel : il est vrai non seulement pour la France mais aussi pour tous les pays et à toutes les époques. 

 

| Quels sont les projets à venir pour le sanctuaire de Domrémy ? 

Le grand projet est de relancer un culte à sainte Jeanne d’Arc et de transmettre son enseignement en évitant les récupérations et les défigurations. Il faut quitter le politico-médiatique pour se concentrer sur ce qu’elle a dit et ce qu’elle a fait, derrière son étendard. Jeanne ramène le politique au service du bien commun, elle est aimée au-delà de nos frontières : des pèlerins du monde entier viennent à Domrémy pour mieux la connaître. Des travaux de restauration et d’aménagement de la basilique sont donc prévus pour mieux accueillir les pèlerins sur place.


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L’événement de cette année est le centenaire de la dédicace de la basilique qui sera célébré par un grand festival le dernier week-end d’août 2026 : une grand-messe célébrée par l’évêque, une procession aux flambeaux, une nuit d’adoration et des conférences sont prévues autour du thème « Appelés à la sainteté avec sainte Jehanne de Domrémy ». Une exposition lancée début mai retrace l’histoire de la basilique et donne à voir des objets concernant sainte Jeanne d’Arc.

En ce sixième centenaire de l’épopée de Jeanne, le sanctuaire n’est pas le seul à la célébrer. Depuis la neuvaine d’années lancée il y a trois ans et le pèlerinage à Domrémy en l’honneur de Saint Michel, de multiples initiatives ont vu le jour. L’association johannique des évêques de France, qui compte une vingtaine d’évêques, prépare une succession d’événements : jusqu’à 2031, fin de l’épopée de Jeanne, chaque diocèse johannique célèbrera tour à tour plus particulièrement notre patronne secondaire.

L’Association universelle des amis de Jeanne d’Arc porte également de nombreuses initiatives comme des rénovations de statues et des pèlerinages pour porter la flamme de l’Espérance à sa suite.

 

>> à lire également : Mathieu Bock-Côté ou « supervivant »

 

Marguerite Aubry

Marguerite Aubry

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