Carte blanche : Jésus et les rabbins

Publié le 07 Juin 2026
jésus rabbins juifs
> Carte blanche à Yves Chiron

  Pour certains Juifs, Jésus était un rabbin. Selon Renan, Hillel, le fondateur d’une école d’interprétation de la Torah moins intransigeante, mort en l’an 8 de notre ère, « fut le vrai maître de Jésus ». L’abbé Freppel, qui fut évêque d’Angers, avait moqué ce réductionnisme renanien. Jésus n’était pas un rabbin. Le dominicain Olivier Catel, membre de l’Ecole biblique de Jérusalem, présente, dans un livre d’accès facile (1), le rapport de Jésus avec les écoles juives de son temps. Il avertit que c’est par facilité de langage qu’il emploie le mot « rabbin ». En effet, le judaïsme rabbinique, c’est-à-dire dominé par un clergé (les rabbins), est postérieur à l’époque de Jésus. Si le mot Rabbi figure bien dans l’Évangile, il n’a pas le sens qu’il revêt aujourd’hui : c’est un titre honorifique, qui signifie « maître», et qui a été donné à Jésus lui-même, il ne désigne pas un homme formé et ordonné pour diriger la communauté juive. Le père Catel estime que « le Jésus juif a disparu des regards chrétiens pendant des siècles » et que c’est le mérite du concile Vatican II d’avoir incité les « catholiques à retrouver leurs racines et leurs sources juives ». Il y a là plus que de l’exagération. Sans parler des Pères de l’Église et de la scolastique, un Bossuet dans son Discours sur l’histoire universelle destiné au Dauphin et lu par des générations d’élèves, montre un Jésus qui « honore le ministère » des pharisiens et des docteurs de la Loi, qui « fait respecter la sainteté du Temple » et qui « montre que la synagogue subsistait malgré la corruption des particuliers ». Le père Catel présente les différents courants qui existaient dans le judaïsme à l’époque de Jésus : les pharisiens, les esséniens, les sadducéens et les hassidim. Si Jésus peut apparaître comme proche du dernier courant (par son usage des paraboles et par les guérisons qu’il opère), il s’en distingue. Si les hassidim obtiennent parfois des guérisons par leur rôle d’intercesseurs, Jésus, lui, guérit : « il agit avec une autorité et une puissance qui lui appartiennent en propre et qui témoignent de sa messianité […] il guérit les malades pour guérir avant tout les âmes, et il chasse les démons pour montrer qu’il est le Saint de Dieu. Chaque miracle est un signe…

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Yves Chiron

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