Spectacles, Histoire et mémoire (1/4) : La fièvre et la joie du spectacle

Publié le 09 Juin 2026
spectacle histoire

Bernard Lapeze-Charlier est un jeune directeur artistique à la tête de plusieurs spectacles historiques.

Dossier n° 1857 : « Été 2026 : Le spectacle au service de l’Histoire et de la mémoire »
Faire du beau et le partager. Tel est le mot d’ordre de Bernard Lapeze-Charlier, jeune directeur artistique à la tête de plusieurs spectacles historiques. De l’écriture à la mise en scène, il se sert de l’Histoire, mais la sert aussi, joignant la dimension commémorative à la vision artistique. Entretien.

 

| Vous avez 26 ans et êtes metteur en scène, directeur artistique de spectacles historiques patrimoniaux. Comment en êtes-vous arrivé là ?

L’étincelle de départ est venue d’un premier projet réalisé avec ma sœur en 2019 : Albiciacum. Un spectacle son et lumière qui retrace l’histoire de la Bigorre, à travers celle de l’abbaye bénédictine de Saint-Sever de Rustan, dans les Hautes-Pyrénées. Notre idée était de fédérer les gens du cru pour rendre hommage à nos anciens qui ont vécu sur ces terres, et faire revivre notre patrimoine. Représenté jusqu’en 2024, il a été suivi par près de 12 000 spectateurs. J’ai été ensuite moi-même sollicité pour imaginer un son et lumière autour du 150ᵉ anniversaire du 35ᵉ régiment d’artillerie parachutiste de Tarbes : ce fut ma première production professionnelle. Et tout s’est enchaîné par la suite.  

| Mettre en scène l’Histoire, faire comprendre la portée de tel ou tel fait sont-ils des objectifs ?

Oui, même si nous ne sommes pas des historiens, mais d’abord des artistes. Mais que les gens aient envie d’en savoir plus à la sortie est très positif ! Je me rappelle cette citation du maréchal Foch qui disait : « Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. » C’est aussi le message de ces spectacles. Bien sûr, le passé ayant été construit par des hommes aussi imparfaits que ceux d’aujourd’hui, les moments de ténèbres, dans l’Histoire, succèdent aux heures de gloire. Il ne faut renier ni les uns ni les autres, et s’élever, forts de cette mémoire, pour investir le présent. Dans le spectacle Albiciacum, par exemple, nous n’avons pas passé sous silence la participation de l’enfant du pays, Bertrand Barère, à la Révolution française : il s’avère qu’il a contribué, en tant que rapporteur du Comité de salut public, à convaincre la Convention d’adopter une politique d’écrasement total des « brigands de la Vendée », selon ses propres mots. Il n’y a pas à le nier, cela fait partie…

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Marie Piloquet

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