Jusqu’au 25 janvier 2027, le Louvre propose deux expositions conjointes sur l’art espagnol du Siècle d’Or, d’un côté les peintures de Francisco de Zurbarán, et de l’autre des sculptures de différents artiste prêtées par le Museo Nacional de Escultura de Valladolid.
Deux expositions conjointes et pourtant distinctes mettent à l’honneur des œuvres de l’Espagne catholique du XVIIᵉ siècle. L’une présente une cinquantaine de peintures de Francisco de Zurbarán, l’autre des sculptures de différents artistes de la même époque.
Dès l’entrée, la Sainte Face (ou le Voile de Véronique) peinte par Zurbarán témoigne de la foi si présente en ce grand pays à l’époque de la Contre-Réforme. Puis ce sont des tableaux monumentaux montrant l’aspect sculptural des réalisations du maître. Son Christ en croix en est un exemple remarquable.
Ce parcours chronologique et thématique donne à voir de véritables chefs-d’œuvre. Le splendide petit tableau de l’Agnus Dei (1635-1640) réaliste et bouleversant, dont le musée du Prado a eu l’audace de changer le titre en Petit Mouton (Borreguillo), illustre parfaitement la dimension mystique de la peinture de Zurbarán.
De nombreuses représentations de l’Immaculée Conception, sous les traits d’une jeune fille pure, infiniment douce, entourée d’une nuée de visages d’anges apparaissant discrètement dans les nuages confirment sa vision inspirée.
De grands portraits en pied de saintes (Sainte Casilda, v. 1635), véritables chefs-d’œuvre, manifestent sa dextérité inouïe dans le rendu des étoffes. En effet, l’épaisseur du brocard de velours de la robe, qui contraste avec le cassant du taffetas de soie du manteau, est presque palpable, comme le commente l’une des commissaires de l’exposition, tandis que les visages d’un modelé délicat sont éclairés par une puissante lumière.

Francisco de Zurbarán, Sainte Casilda, v. 1635. Huile sur toile. Madrid, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza © Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid.
Né en Estrémadure, province espagnole située entre Lisbonne et Madrid, dans une famille de marchands, Zurbarán partit très jeune se former à Séville où il exerça l’essentiel de sa carrière, y recevant de nombreuses commandes de couvents. Il eut comme ami Velázquez qui l’introduisit peut-être à la cour de Madrid où il participa à la décoration du Palais Buen Retiro. Sa peinture, marquée par la Contre-Réforme, présente surtout des sujets religieux, quelques portraits et des natures mortes magnifiques.
Sculpter la couleur
À proximité de cette magistrale exposition, vingt-trois sculptures, prêtées par le Museo Nacional de Escultura de Valladolid, sont rassemblées, dévoilant des œuvres d’un réalisme saisissant, caractéristique de la sensibilité religieuse de l’Espagne au siècle d’or.

Gregorio Fernández, Paso Camino del Calvario © Museo Nacional de Escultura, Valladolid
À ne pas manquer !
Du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027.
Musée du Louvre
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