La tension entre liberté et unité révèle le mensonge de la démocratie. Un ouvrage récemment paru fait la démonstration de cette contradiction originelle par l’Histoire.
Ce livre part d’une conviction que la démocratie est marquée par une tension entre désir de liberté individuelle et souci du bien commun – c’est le terme qu’emploie l’auteur –, ici entendu de manière très générale (justice, égalité, intérêt général etc.). À la fin du XIXᵉ siècle, le qualificatif « libéral », apposé à la démocratie, fait surgir le concept de « démocratie libérale » qui combine cette tension entre aspiration à l’égalité politique et économique qui se niche derrière le concept de « démocratie »et désir de liberté individuelle. Pour « cuisiner » une démocratie libérale, il s’agirait alors de tenir les deux bouts sans en lâcher un. Si l’on met de côté un court âge d’or que l’auteur situe vers la fin du XIXᵉ siècle avec un régime qui exprime une aspiration sociale – celle des catholiques sociaux notamment – et qui encourage une diffusion large des libertés (dont la liberté de la presse), il constate que l’accent mis sur les libertés produit le règne d’une oligarchie qui en réaction engendre une demande d’autorité en faveur du « bien commun ». À son tour, celle-ci ruine la liberté et en retour fonde une nouvelle aspiration à cette liberté. On se trouverait ainsi devant un cycle ponctué de périodes autoritaires et de périodes libérales.
Le règne du libéralisme
L’auteur craint que le libéralisme qui règne aujourd’hui (on pense à l’impunité dont bénéficient les criminels mais également à la gabegie migratoire) aboutisse un peu partout au bourgeonnement des démocraties illibérales. Il omet de dire que cette tension entre liberté et bien commun au cœur des démocraties libérales renvoie à une tension entre liberté et unité. En fait l’aspiration à la liberté est une force centrifuge qui produit la dispersion alors que le souci du bien commun est une force centripète qui produit l’unité. La démocratie véhicule donc un mensonge ou un rêve, celui de marier deux exigences contradictoires, qui entraîne sa propre disqualification et de ce fait une demande d’en sortir. La seule vraie solution résiderait donc dans un dévoilement du mensonge qui ne pourra faire l’économie d’une réforme radicale de la démocratie.
Le mensonge démocratique mis à nu
Renaud Meltz met par ailleurs à nu le mensonge démocratique qui assène que le peuple devient souverain avec la Révolution. Il constate au…







