Dans notre page culture, les ouvrages choisis vous parlent de la bataille de Chesapeake, de combattants de l’honneur et de soldats perdus, de saint Augustin, de la machine Ernetti. Paru dans le n° 1860.
L’histoire
Chesapeake, Dominique Le Brun
Alors que les États-Unis viennent de célébrer les 250 ans de leur existence, la France commémore pour sa part les 400 ans de sa Marine nationale, la célèbre Royale qui s’est illustrée sur toutes les mers du monde. Le point de rencontre entre les deux événements ? C’est certainement la célèbre bataille de la baie de Chesapeake, en 1781, qui vit la marine française, conduite par l’amiral de Grasse, remporter une victoire décisive qui allait permettre la chute de Yorktown et ouvrir définitivement la voie à l’indépendance des colonies américaines insurgées. Spécialiste de l’histoire maritime, Dominique Le Brun consacre à cet épisode un récit captivant de bout en bout qui inscrit cette bataille navale dans le cadre plus large de la lutte pour l’indépendance américaine. Entre autres choses, on y découvre que l’alliance franco-américaine n’avait rien d’évident au point de départ et que certains acteurs, à l’instar de l’écrivain Beaumarchais, ne se contentaient pas de composition lyrique mais menaient une activité secrète en faveur des insurgés. On comprend dès lors pourquoi l’auteur évoque d’entrée de jeu la « dimension extraordinairement romanesque » de cette bataille et, plus largement, de la guerre en faveur de l’indépendance américaine. Stéphen Vallet
Chesapeake. Quand la France sauva les États-Unis, Dominique Le Brun, Tallandier/Ministère des armées, 288 p., 21,90 €.
Le poche
Le Dernier Carré, Jean-Christophe Buisson & Jean Sévillia (dir.)
C’est peu dire que l’Histoire est une source d’expériences. Si elle apporte à la raison des exemples de situations concrètes, elle peut aussi transmettre les sentiments de l’honneur, du don de soi et du panache. On est certes bien éloigné des débats entre écoles historiques. Avec Le Dernier Carré, livre collectif qui balaie large, des Thermopyles en 480 avant Jésus-Christ à Marioupol, en 2022, les combats sont bien au rendez-vous et ils n’ont rien de feutré. Tout au contraire, ils ont des odeurs de sang et de sacrifice. À rebours des considérations contemporaines portées à glorifier le consensus, Le Dernier…







