> C’est logique ! de François-Marie Portes
Les débats en vue de l’élection présidentielle abondent. Un peu de logique… et d’humour peuvent aider à appréhender sereinement ces élections et y voir clair dans les divers discours.
L’année électorale approche et les autorités sanitaires ne semblent pas s’en préoccuper. Pourtant, les premiers symptômes sont déjà observables : irritabilité devant la contradiction, répétition compulsive de phrases de moins de dix mots, incapacité soudaine à reconnaître une qualité chez un adversaire et besoin irrépressible de donner son avis sur des sujets découverts trois minutes auparavant. Aucun vaccin n’étant à ce jour disponible, le logicien se voit contraint de publier quelques recommandations prophylactiques.
I. Alerte à la stultitia contagiosa
La maladie n’est malheureusement pas nouvelle. Thomas d’Aquin lui consacre même une question de la Somme de théologie (IIaIIae, q 46). Son nom latin est stultitia, que nous pouvons traduire, sans trop de précautions diplomatiques, par « stupidité ». Le stupide n’est pas nécessairement privé d’intelligence. Il juge encore, mais son jugement est émoussé. Voilà qui rend l’épidémie difficile à détecter. Le malade continue de raisonner. Il peut même être très intelligent. Seulement il ne perçoit plus correctement le réel. Son intelligence devient alors une formidable machine destinée à justifier ce qu’il avait décidé de penser avant de réfléchir.
II. Les symptômes
Le premier est la pensée partisane. Attention : avoir des convictions politiques n’est évidemment pas une maladie. Adhérer à un parti non plus. La pathologie commence lorsque l’ordre logique du raisonnement s’inverse. L’homme raisonnable observe une proposition et se demande si elle est vraie ou bonne. Le partisan commence par regarder qui l’a prononcée. Hannah Arendt permet de comprendre ce que nous perdons alors. La politique suppose la pluralité : des hommes différents doivent pouvoir apparaître dans un même espace, parler et agir ensemble. Lorsque l’adversaire cesse d’être celui avec lequel je suis en désaccord pour devenir celui avec lequel toute discussion est inutile, quelque chose de proprement politique disparaît.
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Deuxième symptôme : la pensée en slogans. Le slogan présente un immense avantage par rapport à la maladie : il dispense de…







