> L’Essentiel de Joël Hautebert
Les appels à la désobéissance civile et à la violence se multiplient avec l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Une logique révolutionnaire qui invoque le chaos et la destruction comme armes et comme unique horizon de l’action politique face à la victoire annoncée de Marine Le Pen. Un danger pour la paix civile et des moyens illégitimes qui ne peuvent servir la loi supérieure dont nous nous réclamons.
La prochaine élection présidentielle a déjà investi les discours et les débats politiques. Dans un contexte de déliquescence sociale de plus en plus éprouvée et de guerre civile latente, les enjeux pour notre pays dépassent le cadre strict du jeu des partis. L’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen, annoncée (exagérément ?) comme sérieuse par de nombreux sondages, a suscité cet été des réactions de la part de la gauche et de l’extrême-gauche, emblématiques de ces courants politiques et propices à nourrir l’esprit de guerre civile.
Appel au désordre
Fin août, Rokhaya Diallo (1), Marine Tondelier et Mathilde Panot ont promis de « résister en cas de victoire du RN en 2027 », de faire acte de « désobéissance civile » (2) et même de « résister de toutes les manières qu’il faut » (3). La simultanéité de ces déclarations n’a rien d’accidentel. Si, à quelques mois de l’élection présidentielle, il s’agit bien sûr de faire peur en brandissant la menace du désordre, ces prises de position s’inscrivent surtout dans une logique politique révolutionnaire, qui fait du conflit le moteur du progrès. LFI réunit un ensemble hétéroclite de forces de dissolution qui s’opposent entre elles. Il n’y a pas grand-chose de commun entre les revendications LGBT et la population musulmane issue de l’immigration qui apportent leur soutien à ce mouvement. Nous aurions pourtant bien tort de nous réjouir de cette incompatibilité car, pour un pur révolutionnaire, surtout contemporain, la révolution se nourrit avant tout de la praxis. Il y a quelques décennies, l’action révolutionnaire de type communiste était guidée par un but précis, l’édification de la société socialiste. Cela signifiait que la révolution, axée sur la lutte des classes, visait un objectif prédéfini fixé par l’idéologie. Ce projet d’une révolution finalisée a laissé la place à la convergence des luttes (4), quelles qu’elles soient, sans aucune préoccupation de la fin poursuivie,…







