La foi, un don de Dieu à demander

Publié le 28 Oct 2022
carême parcours Virtus

Lors de la récitation de l’angélus du 16 octobre, le Pape a commenté une phrase énigmatique et en un sens préoccupante de l’Évangile : « Quand le Fils de l’homme viendra sur terre, trouvera-t-il encore de la foi sur la terre ? »

J’ai eu longtemps du mal à comprendre cette question. Il devrait, en effet, semble-t-il, en trouver, puisqu’il a promis d’assister son Église jusqu’à la fin des temps et que les forces de l’enfer ne prévaudraient pas contre elle. Mais il est certain qu’en un sens la foi a considérablement diminué de nos jours. Le Pape s’attarde au côté humain et social de la question, ce qui peut se comprendre ; mais ce faisant, il n’aborde pas, ce me semble, le fond même des choses. Pour lui ce n’est pas une question de foi, mais de charité. D’ailleurs aucun des maux qu’il envisage dans sa réponse n’a un rapport direct avec la foi : les guerres, la pauvreté, les inégalités, etc. Il donne un moyen sûr – et nous y reviendrons – pour y remédier : la prière.

Pourtant je pense humblement que la question de Jésus porte bien sur la foi elle-même. Il est vrai que cela est inquiétant et les sondages, qui assurément ne sont pas un critère fiable, son inquiétants : selon eux, pas un Français sur 10 sinon sur 5 ne professe la foi catholique in extenso. Alors le Seigneur avait-il raison ? Pour y répondre, je voudrais vous donner la réponse de Paul VI à Jean Guitton, réponse qui m’a beaucoup éclairé : « Il y a un très grand trouble en ce moment dans le monde et dans l’Église et ce qui est en question c’est la foi ». (Paul VI cite alors la parole de Jésus). « Il arrive que paraissent des livres où la foi est diminuée sur des points importants, que l’épiscopat se taise, qu’on ne trouve pas ces livres étranges. Et c’est cela qui, à mes yeux, est étrange. Ce qui me frappe quand je considère le monde catholique, c’est qu’à l’intérieur du catholicisme une pensée de type non catholique semble parfois avoir le dessus, et il se peut que cette pensée non catholique à l’intérieur du catholicisme devienne demain la plus forte. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l’Église. » Voilà ce qu’écrivait ce saint pape qui pendant quinze ans a défendu la foi et la morale catholique, à l’encontre de la grande majorité. Que l’on songe à Humanae vitae.

Ceci dit, la réponse donnée par le pape François sur les maux qu’il avait dénoncés comme signes de la perte de la foi sur terre reste très juste : on ne prie pas assez. La foi est un don de Dieu, une grâce absolument gratuite que nous devons demander pour nous et pour les autres par la prière. Attardons-nous donc un peu à cette réponse. Il est très vrai et même incontestable que nous ne pouvons rien sans la prière et que nous devons prier sans cesse. Si nous nous refroidissons et que nous laissons notre foi se dessécher, c’est que nous ne prions pas. La prière est le médicament de la foi, comme du reste de toutes les vertus. Saint Alphonse de Ligori disait que celui qui prie se sauve tandis que celui qui ne prie pas se damne. Mais notre prière doit être fervente, constante et persévérante. Quand on se soigne pour pouvoir guérir, il faut prendre les médicaments prescrits par le médecin. Il faut aussi dans la prière de la constance et de la régularité. Nous avons un besoin urgent de l’eau quotidienne de la prière et voilà pourquoi beaucoup fréquentent les oasis de prière que sont les monastères. La prière ouvre notre cœur à Dieu et augmente notre foi. « Je l’avise et il m’avise », disait le bon paysan au Curé d’Ars. Le port de l’Évangile dans la poche, toujours en union avec Marie, alimentera en nous ce courant de prière si nécessaire pour garder la foi.

Une moine de Triors

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