Réseaux sociaux : TikTok, un monde sans repos

Publié le 28 Oct 2022

Qu’est-ce qu’un réseau social ? Notre société a vu se développer cet usage d’Internet, vendu comme étant le moyen de se faire des relations, de les conserver et de les nourrir. En réalité, si l’intention était louable, l’usage en a vite été différent. L’étymologie de « réseau » (du latin retis qui signifie filet) est bien plus assumée qu’on ne le pense. Le but n’est pas de créer des relations mais de prendre les autres dans les filets de notre sujet d’intérêt et, pour certains, de notre notoriété. Un outil Ne soyons pas extrême, et donc stupide. Le réseau social est un outil, il ne porte donc en lui-même pas de « charge » morale. Mais la tentation est grande de lancer la « Toile » de telle sorte que le centre soit la personne et que tout y conduise. Autrement dit, pour qu’ils fonctionnent, subsistent et soient rentables, les créateurs de réseaux sociaux peuvent choisir de s’appuyer sur les tendances positives et créatives de l’être humain comme sur ses vices. Sur TikTok, la tranche d’âge du public concerné est plutôt l’adolescence (pour les créateurs de vidéos, 53 % d’entre eux sont âgés de 18 à 24 ans). Ils étaient peu en Occident à imaginer que l’application mobile créée en 2016 par l’entreprise chinoise ByteDance allait devenir un concurrent sérieux du géant américain YouTube, porté par Google. Le concept est simple : les spectateurs, lorsqu’ils ouvrent l’application mobile, sont immédiatement sollicités par une vidéo. Il ne s’agit pas d’aller chercher une vidéo particulière mais de laisser faire l’intelligence artificielle qui, par un processus de machine learning (1), va vous suggérer ce qu’elle connaît de ce qui vous plaît. Pour les créateurs de contenu, il leur faut mettre en ligne une vidéo assez courte (pouvant néanmoins aller jusqu’à 10 minutes) et laisser faire un algorithme qui va la diffuser aux personnes susceptibles de l’apprécier. Les logiciels de TikTok vont mesurer la « performance » d’une vidéo au taux de rétention de l’audience (combien de temps les spectateurs restent sur cette vidéo), aux commentaires et « j’aime » des spectateurs ainsi qu’au fait que ces derniers vont la partager avec d’autres utilisateurs. Cette mesure va d’abord s’effectuer sur un petit échantillon. Si elle est bonne, TikTok va augmenter l’audience, refaire cette mesure et réaugmenter tant que la mesure est satisfaisante. Plus vous passez de temps sur l’application, plus l’intelligence artificielle, redoutable de…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

François-Marie Portes, Directeur de l'Ircom-Lyon

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

À propos d’une rumeur…

L’Essentiel de Joël Hautebert | La rumeur de la création d'un Haut-Commissariat à la diversité a soulevé des réactions hostiles mais aussi démontré la volonté toujours affirmée de dissoudre la France. Heureusement, une conception française de la diversité est possible et s'enracine dans notre histoire, notre géographie et notre culture.

+

multiculturalisme rumeur
Société

« Nous entrons dans une phase de dépopulation »

Entretien | Pour la première fois depuis 1945, la population française atteint un solde négatif, avec 651 000 décès pour 645 000 naissances, et un indice conjoncturel de fécondité (ICF) à 1,56 enfant par femme. Économiste et spécialiste des questions familiales, le professeur Jean-Didier Lecaillon décrit les causes de cette situation et indique les moyens d’en sortir. 

+

dépopulation démographie natalité famille
SociétéBioéthique

Vers une révision des lois de bioéthique

Le 21 janvier dernier se sont ouverts les États généraux de la Bioéthique en France. Cette vaste « réflexion collective », menée par le Comité consultatif national d’Éthique (CCNE) en métropole et en outre-mer, doit permettre d’éclairer les législateurs pour une révision prochaine de la loi de bioéthique, à l'horizon 2028. 

+

bioéthique
SociétéFin de vie

Euthanasie : les Ehpad catholiques en danger

Alors que la Sénat a rejeté le 21 janvier dernier le principe de la mort volontaire et a voté le 28 janvier la loi sur les soins palliatifs, la menace n'est pas écartée. Si l'Assemblée nationale revient sur son texte initial de mai 2025, la situation sera invivable pour les établissements refusant de pratiquer l’euthanasie. Le combat n'est pas fini pour le respect du droit à la vie.

+

euthanasie