Le célibat ecclésiastique dans l’Église latine

Publié le 04 Nov 2022

Saint Pierre et saint Paul conversant, l'un marié, mais respectant la continence parfaite, l'autre célibataire et souhaitant que tous les hommes l'imitent.

Contesté de toutes parts depuis des décennies, peu conforme aux mœurs contemporaines, le célibat ecclésiastique tient pourtant ses origines  des Écritures même s’il ne s’est imposé que peu à peu, les papes s’attelant à en souligner l’importance depuis le IVe siècle jusqu’au concile de Trente avant de l’inscrire dans le droit canon.   Dans la législation actuelle de l’Église latine, le sacerdoce est réservé aux hommes célibataires et les clercs majeurs sont strictement tenus à la continence. Toutefois, il n’en fut pas toujours ainsi et si la chasteté ecclésiastique fut constamment honorée dans l’Église, son caractère obligatoire ne s’est pas imposé d’emblée. Fondements scripturaires Le célibat ecclésiastique trouve son principe et ses fondements dans l’Écriture sainte, mais celle-ci ne le prescrit pas expressément. Ainsi, les prêtres de l’Ancien Testament avaient le droit de se marier, mais ils devaient s’abstenir de toute relation charnelle avec leur femme lorsqu’ils avaient à exercer leur office sacerdotal. Plus tard, Jésus a sublimé la chasteté et exprimé la supériorité de la virginité consacrée au service de Dieu sur le mariage : « […] il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. Qui peut comprendre, qu’il comprenne ! » (Mt 19, 12) À la suite du Christ, saint Paul († ~ 67) écrivit dans une épître aux Corinthiens : « Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi » (1 Co, 7, 7), c’est-à-dire non mariés. Toujours dans la même lettre, il ajouta : « L’homme qui n’est pas marié a souci des affaires du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur. Celui qui s’est marié a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à sa femme ; et le voilà partagé. » (1 Co, 7, 32-34) Par ailleurs, le Nouveau Testament ne dit pas grand-chose de l’état marital des apôtres. Il est certain que saint Pierre fut marié et la tradition rapporte que saint Jean garda sa virginité ; pour les autres, c’est discuté, mais il est possible, voire probable, qu’ils aient été mariés, comme certains passages de l’Écriture le laissent croire (1 Co, 9, 5 ; Ac, 21, 8-9). Quoi qu’il en soit, les Pères de l’Église affirmèrent que les apôtres gardèrent la continence parfaite après avoir suivi le Christ. La pratique des quatre premiers siècles Entre les Ier et IVe siècles, la pratique du célibat ecclésiastique était à l’honneur, sans être rigoureusement…

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Philippe Roy-Lysencourt

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