Un réel souci de la vérité et de la beauté

Publié le 10 Jan 2023
verite

Au début de son pontificat, Benoît XVI remarquait : « Après le grand pape Jean-Paul II, Messieurs les Cardinaux m’ont élu, moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur. » De fait, c’est bien un travailleur que Dieu avait choisi, « intelligent comme dix professeurs et pieux comme un premier communiant », selon son ami le cardinal Meisner. En Benoît XVI, il était aisé de discerner l’homme de Dieu qui rayonnait la bonté à travers un regard pur et une parole lumineuse. Les journées liturgiques de 2001 à l’abbaye avaient été déjà l’occasion de rencontrer le vrai visage de Joseph Ratzinger. Benoît XVI était et demeurera pour beaucoup l’ami de Dieu et l’ami des hommes. La devise de son pontificat… celle de sa vie, « Coopérateurs de la Vérité », rend compte de son service en tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et comme successeur de Pierre. Le service de la vérité implique toujours une tension. La vérité sans miséricorde est dureté, mais la miséricorde sans vérité est faiblesse. La quête d’une vraie paix exige la rencontre, l’affrontement parfois de la vérité. Faire la vérité est exigeant. Le pape Benoît a su tenir la ligne de crête. Pragmatique, il était loin d’être le serviteur d’une idéologie. Il était libre de la liberté des grands esprits. La souffrance a marqué les années de son service sur la chaire de Pierre alors qu’éclataient divers scandales touchant la moralité des hommes d’Église. Soulignons qu’il a été le premier à prendre des mesures énergiques contre les abus. Sa pensée a été déformée, repoussée, comme lors de son plaidoyer pour une juste herméneutique du concile Vatican II, ou encore à l’occasion de la publication du motu proprio Summorum Pontificum. Benoît XVI avait un réel souci de la vérité et de la beauté, simplement parce que Dieu est Dieu et par amour de l’Église. J’ai eu la grâce d’une rencontre avec le pape Benoît en compagnie du père abbé dom Antoine Forgeot, mon prédécesseur, et cela seulement quelques semaines après avoir reçu la bénédiction abbatiale. Ce fut un moment émouvant. Alors que nous étions à quelques mètres de lui, le Saint-Père a reconnu le père abbé Antoine. Avec joie et simplicité, il s’est exclamé : « Fontgombault ! » Après que le père abbé Antoine lui eut présenté le nouveau père abbé, le pape Benoît, prenant mes…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Dom Jean Pateau, Père Abbé de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault +

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Alléluia Caro mea (Fête Dieu)

Pour l’alléluia de la Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, saint Thomas s'est contenté de reprendre deux versets de l'Évangile de saint Jean retenu pour la solennité. Ils sont extraits de l'impressionnant et long chapitre 6 et plus précisément à ce que l'on appelle le « discours sur le pain de vie ». La mélodie est empruntée au 7e mode et assez somptueuse.

+

alléluia corps
À la uneÉgliseÉglise de FranceFin de vie

150 ans de Pellevoisin (3/4) : La fin de vie n’est pas la vie finie

DOSSIER n° 1856 « Jubilé de Pellevoisin : 150 ans de dévotion discrète » | À côté de la vie d'Estelle Faguette et du récit des apparitions de Pellevoisin, il convient d'en souligner l'axe pastoral très actuel, tel qu'il semble se dessiner, un siècle plus tard, dans le climat si « particulier » de notre monde occidental, vis-à-vis de la maladie, du soin porté à l'autre et de la vie finissante.

+

IMG 1748 pellevoisin
ÉgliseÉglise de France

150 ans de Pellevoisin (1/4) : Notre-Dame, une « Mère toute Miséricordieuse »

DOSSIER n° 1856 « Jubilé de Pellevoisin : 150 ans de dévotion discrète » | Dans ses quinze apparitions à Pellevoisin au cours de l'année 1876, la Vierge Marie est venue offrir la miséricorde de Dieu à qui en fait la demande, en répondant à la prière d'Estelle Faguette de la guérir. Un message que l'Eglise a reconnu et auquel elle invite à répondre avec confiance, notamment par le port du scapulaire du Sacré Cœur.

+

Pellevoisin