Léon XIV : message pour la 34ᵉ Journée mondiale du Malade

Publié le 11 Fév 2026
journée du malade Léon XIV

Le 11 février, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, l’Église célèbre la Journée mondiale du Malade. (Photo : Thomon, CC BY-SA 4.0.)

Le 11 février prochain, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, l’Église célébrera la Journée mondiale du Malade, instituée par Jean-Paul II en 1992. Le 13 janvier, le pape Léon XIV a rédigé un message autour de la figure du bon Samaritain.

 

Pour la 34ᵉ Journée mondiale du Malade, célébrée cette année à Chiclayo, au Pérou, où il fut évêque et missionnaire, le Pape a construit son message autour de l’image du bon Samaritain, image toujours actuelle et nécessaire pour redécouvrir la beauté de la charité et la dimension sociale de la compassion, afin d’attirer l’attention sur les nécessiteux et les personnes qui souffrent.

On connaît bien cette émouvante parabole, l’une des plus belles du répertoire évangélique avec celle de l’enfant prodigue. Un docteur de la Loi demande à Jésus qui est le prochain à aimer. Celui-ci répond en racontant cette parabole : un homme qui voyageait de Jérusalem à Jéricho fut attaqué par des voleurs et laissé pour mort. Un prêtre et un lévite passèrent leur chemin, mais un Samaritain, c’est-à-dire l’ennemi des Juifs car hérétique, eut pitié de lui, banda ses blessures, l’emmena dans une auberge et paya ses soins.

Dans la lignée de François

Dans la ligne de l’encyclique du pape François Fratelli tutti, le Pape traite donc dans ce message de la compassion et de la miséricorde qui ne se réduisent pas à un simple effort individuel et extérieur en faveur des nécessiteux mais requièrent une véritable relation avec ceux qui sont dans le besoin et, à la base, avec Dieu qui nous donne son amour.

Nous vivons immergés dans une culture de l’instantanéité, de l’immédiateté, de la précipitation, mais aussi du rejet et de l’indifférence, qui nous empêche de nous approcher et de nous arrêter en chemin pour regarder les besoins et les souffrances d’autrui. Le Samaritain, en voyant le blessé, ne passa pas outre, mais porta sur lui un regard ouvert et attentif et qui n’est autre que le regard de Jésus lui-même. Le Samaritain a donc donné son temps. Jésus, dans cette parabole, nous enseigne comment nous rendre proches.

Saint Augustin dit que « le Seigneur n’a pas voulu enseigner qui était le prochain de cet homme, mais de qui il devait se faire le prochain. »

Le don de la rencontre

L’amour n’est pas passif mais va à la rencontre de l’autre. Tout dépend de la décision d’aimer. Le chrétien doit être le prochain de celui qui souffre, suivant l’exemple du Christ, le Bon Samaritain s’approchant de l’humanité blessée. Il ne s’agit pas de simples gestes de philanthropie, mais d’un don de soi total. Le don de la rencontre naît du lien avec Jésus-Christ. Avec le Christ, la charité nous pousse à être un dans l’Un, dans l’amour reçu et partagé, pour jouir ainsi, comme saint François, de la douceur de l’avoir trouvé dans le démuni.

Le Samaritain fut ému. À son exemple, nous devons avoir de la compassion, ce qui implique une émotion profonde qui pousse à l’action. Dans cette parabole, la compassion est la caractéristique distinctive de l’amour actif. Elle n’est ni théorique ni sentimentale, elle se traduit par des gestes concrets : le Samaritain s’approche, soigne, et prend en charge. Mais attention, il ne le fait pas seul, individuellement. Le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme.

En ce sens, le Pape a constaté, dans son expérience missionnaire, combien de personnes font preuve de miséricorde et de compassion à l’exemple du Samaritain et de l’aubergiste. Le soin des malades est une véritable action ecclésiale. Être un dans l’Un signifie nous sentir véritablement membres d’un corps dans lequel nous portons, selon notre propre vocation, la compassion du Seigneur pour la souffrance de tous les hommes.

Dans le double commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même », nous pouvons reconnaître la primauté de l’amour de Dieu et sa conséquence directe sur la manière d’aimer et d’entrer en relation avec l’homme dans toutes ses dimensions.

La primauté de l’amour divin

La primauté de l’amour divin implique que l’action de l’homme soit accomplie sans intérêt personnel, mais comme manifestation d’un amour qui transcende les normes rituelles et se traduit par un culte authentique : servir le prochain, c’est aimer Dieu dans la pratique. Le véritable remède aux blessures de l’humanité est un mode de vie fondé sur l’amour fraternel qui trouve sa source dans l’amour de Dieu.

Que Marie nous aide à devenir, à l’instar du Christ, de bons samaritains, courageux, engagés et solidaires. Demandons son aide maternelle pour tous ceux qui souffrent, qui ont besoin de compassion, d’écoute et de réconfort, et implorons son intercession avec la prière ancienne demandée par le Pape :

« Douce Mère, ne t’éloigne pas, ne détourne pas ton regard de moi. Viens avec moi partout et ne me laisse jamais seul. Puisque tu me protèges autant comme une véritable Mère, fais que le Père, le Fils et le Saint-Esprit me bénissent » !

 

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Un moine de Triors

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