Vincent Lambert : l’interminable attente

Publié le 25 Avr 2014
Vincent Lambert : l'interminable attente L'Homme Nouveau

Que décidera le Conseil d’État pour Vincent Lambert (dont nous avons déjà parlé ici et ), dans le coma depuis cinq ans suite à un accident de moto ? Les mois passent et la vie de Vincent Lambert, suspendue à la décision que rendra le Conseil d’État suite à l’expertise médicale qui doit établir la capacité ou non du malade à communiquer. L’instance avait été saisie le 28 janvier dernier par l’épouse de Vincent Lambert après que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s’est prononcé le 16 janvier pour le maintien de l’alimentation et l’hydratation de son mari. Il devait statuer le 6 février mais le magistrat en charge de l’affaire a estimé le cas de Vincent Lambert trop complexe pour être tranché par un seul juge. C’est donc réuni en formation collégiale que le Conseil d’État a décidé de ne trancher sur le maintien en vie du malade qu’au terme d’une nouvelle expertise médicale. Trois experts ont donc été mandatés pour déterminer de la capacité de Vincent Lambert à communiquer avec son entourage et de l’irréversibilité de ses lésions. Ils devront également, tâche éminemment délicate, « apprécier l’existence éventuelle de signes manifestant une volonté d’interruption ou au contraire de prolongation du traitement qui le maintient en vie ».

La responsabilité du médecin

Que pèse la volonté de vivre ou de mourir de Vincent Lambert dans la balance ? Légalement, elle n’a que peu de poids, comme d’ailleurs les désirs exprimés par sa famille, déchirée entre ceux qui voudraient sa mort et ceux qui voudraient le maintenir en vie. La loi Leonetti sur la fin de vie de 2005, en vigueur aujourd’hui, stipule que c’est la décision du collège de médecins qui prime et que l’avis du patient n’est que consultatif. En l’occurrence, l’on sait bien que le docteur Éric Kariger, en charge du dossier Vincent Lambert, est favorable à l’euthanasie de son patient dont il a plusieurs fois cessé l’alimentation et l’hydratation avant que la justice ne statue sur le maintien des soins. L’expertise médicale est attendue pour la fin du mois d’avril, elle sera ensuite transmise au Conseil d’État qui prévoit d’auditionner plusieurs experts sur la fin de vie et doit donner sa décision d’ici l’été.

Une affaire médiatisée

L’affaire a été largement médiatisée, moyen des plus efficaces pour préparer les mentalités à la loi sur la fin de vie actuellement en préparation. Ce n’est donc pas seulement la loi qui motivera la décision du Conseil d’État, très attendue dans l’opinion publique. Si la volonté de Vincent Lambert n’est pas officiellement déterminante sur le plan législatif, elle pourrait prendre néanmoins une certaine importance étant donné que l’une des principales revendications pour la future loi sur la fin de vie est justement une plus grande prise en considération du désir du malade.

En attendant le jugement des sages du Palais-Royal, la prise en charge de Vincent Lambert est maintenue et les politiques demeurent volontairement flous sur l’orientation qu’ils souhaitent donner au projet de loi. Si l’on sait que l’euthanasie entre évidemment dans la logique « progressiste » du gouvernement en place, ce dernier entend ne pas faire de vagues pour l’instant. C’est ainsi que lors de son discours de politique générale le 8 avril dernier, le Premier ministre Manuel Valls a simplement déclaré désirer aboutir à un « consensus sur la fin de vie ». Ce qui revient à ne rien dire du tout sur le sujet.

Reste donc à attendre la décision du Conseil d’État…  

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéBioéthique

Transgenrisme (3/4) : Soigner à la française les mineurs tourmentés

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | Christian Flavigny, pédopsychiatre français, a vu venir de loin ce mouvement d’embrasement de la théorie du Genre et s’attache, depuis 2012, à en contrer les ravages chez les mineurs. La manifestation de ce qu’on appelle « dysphorie de Genre », chez l’enfant, est un tourment auquel la psychologie, telle qu’elle est pratiquée en France, peut et doit apporter son aide.

+

transgenrisme genre mineur
À la uneSociétéBioéthique

Transgenrisme (2/4) : Les autorités et le corps médical vont-ils enfin ouvrir les yeux ?

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | En France, le droit à l’auto-détermination de genre a fini par s'imposer, que ce soit dans le domaine médical ou juridique. Et la récente note de cadrage de la Haute Autorité de Santé ne laisse pas espérer une meilleure prise en charge des mineurs dits en « questionnement de genre », alors que de nouvelles études internationales prouvent scientifiquement le caractère inutile, voire nocif, des démarches « trans-affirmatives ».

+

transgenrisme médiale
SociétéBioéthique

Transgenrisme (1/4) : Une révolution en marche

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | L’idée de changer de sexe ne date pas d’hier, mais sa mise en application sociale, politique, voire anthropologique est une réalité désormais à la portée de tous. À l’école ou en compétition sportive, dans les lois et les cliniques, le mouvement a pris une ampleur inédite, au niveau mondial. Et quoiqu’on perçoive la montée d’une saine opposition, le combat reste prégnant.

+

transgenrisme
ChroniquesSociété

La « Nouvelle France » : concept ou création ?

C’est logique ! de François-Marie Portes | Les récentes élections municipales ont laissé penser qu'émergerait une « Nouvelle France » portée par le parti de Jean-Luc Mélenchon. Que révèle cette notion et surtout quelle logique démontre-t-elle ? En utilisant des termes flous, ne cherche-t-on pas à rassembler autour d'un réel « fabriqué » ?

+

nouvelle france