Brexit ou le retour de la subsidiarité

Publié le 24 Juin 2016
Brexit ou le retour de la subsidiarité L'Homme Nouveau

Pendant que des Français défilaient dans la rue contre la Loi Travail ou que les politiques occupaient la scène avec la comédie des Primaires, les Britanniques votaient. Sur un sujet sérieux !

Et malgré la pression politique internationale – d’Obama à Angela Merkel en passant par François Hollande – et celles des marchés financiers, ils ont décidé de sortir de l’Union européenne. Un vote historique ! Un vote qui n’annonce certes pas des jours faciles, mais un vote qui traduit malgré tout la reprise en main de son destin par un peuple, lassé de se voir dicter – de loin – ce qu’il doit faire.

Responsabilité et primauté du bien commun

À sa manière, ce vote traduit la réalité de la subsidiarité qui n’est pas une invention de l’Église catholique, même si c’est elle qui l’a formulée le plus précisément dans l’encyclique Quadragesimo Anno du pape Pie XI :

« On ne saurait changer ce principe si grave de philosophie sociale : de même qu’on ne peut enlever aux particuliers pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice en même temps que troubler d’une manière très dommageable l’ordre social que de retirer aux groupements d’ordre inférieur , pour les confier à une collectivité plus vaste d’un rang plus élévé, les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes ». 

Le texte se poursuit par avec ce passage qui révèle tout le problème actuel soulevé par l’Union européenne: 

« L »objet naturel de toute intervention en matière sociale est d’aider les membres du corps social, et non pas de les détruire ni de les absorber. »

Le philosophe anglais Roger Scruton l’avait bien expliqué dans un entretien au Figaro Magazine (13 mai) : dans l’Union européenne ou hors de l’Union européenne, l’avenir est inquiétant. Mais il précisait :

« Être responsable, ce n’est pas évident. Mais finalement, il faut être courageux et saisir l’avenir. Pour cela, il y a un préalable nécessaire, un choix principal : la souveraineté nationale. »

Malgré la terrible pression exercée sur eux, les Britanniques ont choisi courageusement de prendre leur responsabilité, de répondre de leurs actes, de mesurer que la liberté est moins une grande idée que la nécessité d’assumer ses choix jusqu’au bout, en remettant à l’honneur la primauté du bien commun contre tout ce qui le menace.

Si les milieux d’affaires, les banques et les politiques d’Europe et d’une partie du monde réagissent si mal, si violemment pour certains, c’est qu’un moment historique vient de se dérouler sous nos yeux et que l’onde de choc pourrait se répandre. Qu’en sera-t-il ? Difficile de le dire ! Mais il est certain que nos pays doivent impérativement reprendre leur destin en main et débarrasser l’Europe des miasmes financiers et idéologiques qui la pervertissent afin de la reconstruire sur son identité gréco-latine et chrétienne.

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