L’école catholique sous contrat pourra-t-elle rester catholique ?

Publié le 15 Déc 2025
école catholique evars

L’État laissera-t-il les écoles catholiques enseigner la morale chrétienne ?

> L’Essentiel de Thibaud Collin
L’entrée en vigueur de l’EVARS place les établissements catholiques sous contrat devant une contradiction majeure : enseigner une anthropologie contraire à la foi ou assumer un affrontement avec l’État. Ce programme, obligatoire dès la maternelle, interroge la possibilité, même pour une école catholique, de rester fidèle à son identité et à sa mission.

  Une école catholique présentant la contraception et l’avortement comme moyen de « prévenir une grossesse non désirée », enseignant qu’être garçon ou fille est au libre choix de l’enfant et de l’adolescent, présentant toutes les « orientations sexuelles » comme légitimes, une telle école catholique peut-elle sans contradiction se dire et être reconnue comme catholique ? Telle est la question fondamentale que pose l’obligation d’enseigner le programme EVARS, sigle signifiant « éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité ». Ce programme concerne tous les élèves de la maternelle à la terminale (donc environ de 3 à 18 ans). À l’école maternelle et primaire, il s’agit d’une « éducation à la vie affective et relationnelle » seulement. Instituée par Élisabeth Borne en février 2025, l’EVARS est entrée en vigueur en septembre pour tous les établissements publics et privés sous contrat avec l’État. Seules les écoles indépendantes échappent, pour l’instant, à l’obligation. Elle concerne plusieurs disciplines et consiste en trois séances d’une heure par an et par élève. 

Les droits et libertés de l’individu…

L’anthropologie sous-jacente de l’EVARS est mesurée par la promotion des « droits et des libertés » de l’individu. Ce programme s’inscrit dans le paradigme de neutralité éthique de l’État, objectivement libertaire et fondamentalement nihiliste. Cela présuppose qu’il n’y a pas de vérité objective et universelle sur l’être humain, son corps sexué et les finalités naturelles et personnelles de la sexuation de la personne. Il s’agit de « développer le pouvoir d’agir des enfants et des adolescents ainsi que des habitudes favorables à la santé et au bien-être ». Cette approche formelle est finalisée par la lutte « contre les discriminations énoncées à l’article 225-1 du Code pénal et opérées entre les personnes sur le fondement “de leur sexe’’, “de leur identité de genre’’ et “de leur orientation sexuelle’’ (hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, asexualité) ». Il s’agit donc bien d’un programme formellement contradictoire avec l’anthropologie et l’éthique immanentes à la foi catholique. Or l’EVARS est obligatoire. Dès lors, comment l’enseignement catholique va-t-il se positionner face à une telle obligation ? Tel est le problème pratique dont les enjeux sont colossaux. 

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Thibaud Collin

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