L’annonce de l’interdiction, pour l’Église de Jérusalem, de célébrer la Semaine sainte dans la basilique du Saint-Sépulcre a fait réagir de nombreuses personnalités religieuses et politiques du monde entier.
En raison de la guerre menée contre l’Iran, les autorités israéliennes ont décidé de limiter les rassemblements publics, y compris religieux, à cinquante personnes maximum. Jérusalem est fermée aux non-résidents, et les commerçants ont interdiction d’ouvrir. Cette réglementation avait donc conduit le patriarcat latin de Jérusalem à annuler la traditionnelle procession des Rameaux.
La polémique
Néanmoins, la police israélienne a poussé le zèle jusqu’à empêcher le patriarche, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, et le custode de Terre Sainte d’accéder à la basilique du Saint-Sépulcre pour y célébrer la messe des Rameaux, provoquant ainsi un incident international. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a notamment dénoncé « une offense (…) pour les croyants » et a convoqué l’ambassadeur d’Israël en Italie. Emmanuel Macron, quant à lui, a clairement pris position, affirmant : « J’apporte mon plein soutien au patriarche latin de Jérusalem et aux chrétiens de Terre sainte, empêchés de célébrer la messe des Rameaux au Saint-Sépulcre. Je condamne cette décision de la police israélienne, qui s’ajoute à la multiplication préoccupante des violations du statut des Lieux saints de Jérusalem. Le libre exercice du culte à Jérusalem doit être garanti pour toutes les religions. » Il faut en effet rappeler que ce nouvel accrochage fait écho à l’irruption illégale de l’armée israélienne, le 7 novembre 2025, dans l’Éléona, l’un des quatre domaines français de Terre sainte, qui avait déjà provoqué un incident diplomatique. Le Vatican, plus policé, s’est contenté d’exprimer ses « regrets » par la bouche du cardinal Parolin.
La Semaine sainte
Face à l’ampleur du scandale, Benyamin Netanyahou a finalement octroyé au cardinal Pizzaballa « un accès total et immédiat à la basilique du Saint-Sépulcre ». Les autres offices de la Semaine sainte se sont déroulés à huis clos, sans assistance de fidèles. La messe chrismale du jeudi saint, qui se déroule habituellement dans la basilique du Saint-Sépulcre, a été reportée à une date ultérieure, tandis que le chemin de croix du vendredi saint a également été supprimé. Un groupe de sept franciscains placés sous escorte policière a toutefois pu symboliquement parcourir la fameuse Via dolorosa, tandis que plusieurs prêtres s’en sont vus refuser l’accès ce même jour. La custodie de Terre Sainte a tenu à réaffirmer sa présence…







