A quotidien n°104 : Papy fait de la résistance

Publié le 03 Déc 2020
A quotidien n°104 : Papy fait de la résistance L'Homme Nouveau

Dans Le Point (3 décembre 2020), ce retour sur la déclaration du docteur Rémi Salomon à propos des grands-parents qui seront privés de la fête de Noël en famille :

Cette pandémie aura désinhibé nombre de responsables politiques ou sanitaires. Témoin, Rémi Salomon (à ne pas confondre avec Jérôme), président de la Commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Ce professeur de médecine a prononcé une phrase assurée de rester dans les annales de l’infantilisation : « On peut aller chez papy et mamie à Noël, mais on ne mange pas avec eux. On coupe la bûche en deux, papy et mamie mangent dans la cuisine, et nous, dans la salle à manger. » Si le pic de l’épidémie a été franchi, celui de l’abêtissement national est sur le point de l’être. Rémi Salomon s’est excusé pour ses propos mais a révélé l’hubris qui a gagné certains membres de la « médicocratie » : ils s’immiscent désormais sans scrupule dans la vie privée des Français, leur dictant leur comportement à la virgule près. (…) Lors de sa dernière allocution, Emmanuel Macron a souhaité que fussent déterminées « les conditions pour s’assurer de l’isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante ». Contraindre et punir : l’État ne sait pas agir autrement. La volonté de régenter la vie privée des Français commence à être un peu trop voyante. La protection légitime de nos anciens justifiait jusqu’à présent toutes les mesures restrictives. Dès lors qu’on leur explique qu’ils devront aller déguster la bûche de Noël séparément, les bornes sont passées.

Mais, au fait, qui est ce fameux Rémi Salomon qui prétend régir avec tant d’assurance nos vies privées. Le Monde (19 mars 2020) répondait à cette question :

Très engagé dans le mouvement des hospitaliers amorcé cet automne pour obtenir plus de moyens et d’effectifs, Rémi Salomon a signé la pétition des 660 médecins menaçant de démissionner de leurs fonctions administratives et de chef de service si le gouvernement n’ouvrait pas « de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l’hôpital public ». En novembre, deux mois avant le début de l’épidémie mondiale de Covid-19, il alertait sur le manque de lits en réanimation pédiatrique et mettait en garde contre un « krach sanitaire » au cours de l’hiver. (…) À 56 ans, ce spécialiste des malformations congénitales du rein est chef du service de néphrologie pédiatrique à l’hôpital Necker-Enfants malades depuis 2011. Il y a fait son ­clinicat au début des années 1990 et y coordonne, depuis 2004, un centre de référence sur les maladies rénales héréditaires. Fort de cette longue carrière hospitalière, lors de la campagne pour la présidence de la CME, il inscrivait au cœur de son programme l’importance de sortir des logiques comptables : « Les décisions doivent être prises avec les acteurs de terrains et non plus seulement par les directions administratives. »

Toujours est-il que la meilleure réaction aux propos du docteur Salomon reste celle de Jean Sévillia sur tweeter :

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