Au quotidien n° 166 : les évêques dénoncent la police de la pensée

Publié le 11 Mar 2021
Au quotidien n° 166 : les évêques dénoncent la police de la pensée L'Homme Nouveau

Les évêques de France ainsi que les représentants protestants et orthodoxes ont manifesté leur inquiétude face au projet de loi sur le séparatisme. La Croix (10 mars) s’en fait l’écho et rapporte aussi la vision idyllique et contraire à l’histoire qu’ils se font de la loi de 1905.

Une police de la pensée s’installe de plus en plus dans l’espace commun. » Dans une tribune publiée, mercredi 10 mars dans Le Figaro, les représentants des Églises protestantes, catholique et orthodoxes ne retiennent pas leurs mots au sujet de la loi « séparatisme » . « Quoi qu’il en soit des intentions, ce projet de loi risque de porter atteinte aux libertés fondamentales que sont la liberté de culte, d’association, d’enseignement et même à la liberté d’opinion », insistent les signataires, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France (CEF), le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF) et le métropolite Emmanuel Adamakis, du Patriarcat œcuménique en France.

Un appel lancé le jour même du rendez-vous de « l’instance Matignon » qui instaure des rencontres annuelles entre l’Eglise catholique de France et le gouvernement… Réfutant l’idée d’une « déclaration de guerre », on insiste volontiers du côté de la CEF sur « la grande franchise » qui a cours entre l’exécutif et les représentants catholiques : « Il faut être clair et insister sur les points difficiles dans la loi dont les responsables ne semblent pas mesurer les effets », confie-t-on encore. (…)

Adopté en première lecture à l’Assemblée le 16 février, le texte devrait être examiné au Sénat dès le 30 mars, ce qui sera une nouvelle fois l’occasion, pour les religions, de revenir dans le débat. Avec une double approche difficile, étant tout à fait ouverts à la mise en œuvre de dispositions législatives qui visent à réduire le risque de séparatisme menaçant l’islam, mais contestant la refonte envisagée de la loi de 1905. Les représentants des églises reviennent d’ailleurs dans cette tribune sur la réception progressive de la loi de séparation des églises et de l’État, pour souligner que, « par cette loi, les citoyens sont libres de croire ou de ne pas croire et, s’ils croient, de pratiquer leur culte individuellement et en commun dans les seules limites de l’ordre public. » Un rappel historique pour mieux redire l’inquiétude face au projet confortant les principes de la République : « D’une loi qui énonce les conditions de la liberté et laisse cette liberté s’exercer, on fait une loi de contraintes et de contrôles multipliés ». Dénonçant à la foi l’obligation de déclaration et de « contrôle » de la dimension cultuelle par les préfets, les églises chrétiennes estiment que les procédures nécessaires au maintien de l’ordre public existent déjà. « Nous saluons sans réserve les dispositions du projet de loi permettant de lutter plus directement contre les mariages forcés, les mutilations sexuelles des jeunes filles, l’inégalité de l’héritage, les discours de haine, les discriminations multiformes. (…) Mais à quoi sert-il de compliquer la vie des associations cultuelles prévues par la loi de 1905 ? »

Ce contenu pourrait vous intéresser

Société

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
À la uneSociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie
SociétéAgriculteurs

Colère paysanne et hiver agricole

Alors que notre agriculture traverse les jours les plus noirs de son histoire, l’abattage stalinien des bovins et la violente répression para-militaire l’accompagnant ont choqué la France entière. Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture continue à se partager entre surdité et absurdité.

+

crise agricole paysan