Au quotidien n° 203 : quelle est l’origine de la Covid-19 ?

Publié le 06 Mai 2021
Au quotidien n° 203 : quelle est l’origine de la Covid-19 ? L'Homme Nouveau

Marianne (30 avril 2021) publie des extraits d’un livre d’enquête de Brice Perrier sur l’origine de la Covid : SARS-Cov-2, aux origines du mal (Belin). L’auteur reprend la question d’un accident de laboratoire.

Plus d’un an après le début de la pandémie, une question fondamentale reste en suspens. Comment le Covid-19 a-t-il émergé et contaminé les premiers êtres humains ? Fondamentale, parce que la réponse permettrait d’éviter que des événements similaires ne se reproduisent. Très longtemps, le monde a cru à une transmission de la chauve-souris vers le pangolin, un petit animal braconné pour sa viande et ses écailles. Puis du pangolin à l’homme via le fameux marché couvert de Wuhan. Une thèse étayée par des dizaines d’enquêtes, pour la plupart signées de la main de chercheurs chinois, parues dans les prestigieuses revues scientifiques comme Nature ou The Lancet. Mais, au fil des mois, le virus identifié chez le pangolin se trouve être trop éloigné du virus détecté chez l’homme.

Alors que les recherches se poursuivent pour désigner un autre animal comme hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme, des scientifiques de différents pays tournent leur regard vers le laboratoire international de virologie basé à Wuhan (WIV), dont l’une des spécialités, bien avant la crise sanitaire, était déjà l’étude des coronavirus de chauve-souris. L’hypothèse de la fuite accidentelle d’un laboratoire, reprise – et en quelque sorte abîmée – par un Donald Trump, comme à son habitude, outrancier, devient un objet sérieux de recherche… Enfin, seulement pour certains scientifiques voulant aller au bout de leurs doutes. D’autres se refusant de croire à un tel scénario qui, pensent-ils, serait réservé aux films catastrophe hollywoodiens. (…)

Derrière cette course à la recherche des origines du Covid, on découvre le rôle prépondérant des grandes revues scientifiques, parfois attachées à véhiculer la pensée dominante de chercheurs issus de laboratoires qui les financent. De nombreuses études désormais considérées comme importantes, notamment sur l’infection du pangolin par l’homme et non l’inverse, ont largement été refusées par ces publications. (…)

Le 19 février 2020, ils sont 27 à signer dans The Lancet une tribune dans laquelle ils « condamnent fermement les théories du complot suggérant que le Covid-19 n’a pas d’origine naturelle ». […] Si l’article du Lancet présente comme premier auteur et correspondant Charles Calisher, professeur émérite de l’université du Colorado, il a, en fait, été écrit par Peter Daszak, président d’EcoHealth Alliance. Le 6 février, alors que Botao Xiao vient de poster son article sur la possibilité que le virus soit sorti d’un laboratoire de Wuhan, Daszak joint un texte, quasi identique à la tribune qui sera publiée par The Lancet, à un e-mail dans lequel il dénonce des « rumeurs, désinformation et théories du complot » qui « ciblent désormais spécifiquement les scientifiques avec lesquels nous collaborons depuis de nombreuses années ». Le message est envoyé à six microbiologistes de haut niveau à qui il est proposé d’être les premiers signataires. Des échanges s’ensuivent. Ainsi, la virologue américaine Linda Saif demande s’il ne faudrait pas expliquer « pourquoi le Cov n’est pas un virus généré en laboratoire et s’est produit naturellement », ce qui lui paraît important « pour réfuter scientifiquement de telles affirmations ».

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