Au quotidien n°186 : patrimoine religieux en péril

Publié le 13 Avr 2021
Au quotidien n°186 : patrimoine religieux en péril L'Homme Nouveau

Valeurs actuelles (8 avril 2021) tire la sonnette d’alarme : 5 000 églises sont en péril et certaines sont menacées de destruction. Il est temps de réagir.

Des années que cela dure, des églises en ruine, des édifices voués à la destruction, des bâtisses religieuses transformées en restaurant ou en boîte de nuit, toute une évolution qui traduit l’abandon de la ruralité pour gommer une partie de notre patrimoine, et la perte de sens spirituel. Et puis, d’un coup, une prise de conscience via l’appel de l’Observatoire du patrimoine religieux (OPR) à soutenir le financement de 35 000 édifices dégradés à travers la France, dont 5 000 sont en situation de péril. « Il faut mettre fin à la spirale incessante ; en 2020, plus de 150 édifices sont venus s’ajouter à la liste des monuments en péril. Et 37 de plus, depuis le début de l’année », alerte Édouard de Lamaze, président de l’OPR. « Trop, c’est trop ! »

Plus de cent ans après la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, tout a changé : l’entretien et la valorisation du patrimoine religieux n’ont pas été réalisés au siècle dernier. À l’image d’une maison de famille qui aurait laissé passer quatre générations sans faire de travaux, et se dégraderait inexorablement. (…)

Dans le même temps, dans l’ombre, les démolitions d’églises se multiplient. Pas moins de 4 édifices sur les trois premiers mois de l’année. À Lille, des pelleteuses sont à l’œuvre malgré le combat acharné pour la sauvegarde de la chapelle Saint-Joseph, qui doit laisser place à un agrandissement du campus de l’école Junia. Dans l’Est, à Vesoul, l’ancien couvent des Annonciades sera bientôt transformé en parking… « (…)

Qu’il s’agisse de financer les restaurations, comme le grand chantier de Notre-Dame, ou de sauver les églises de nos campagnes, les initiatives vont bon train. À preuve, plusieurs think tanks travaillent afin de trouver les ressources économiques nécessaires pour sauvegarder certains bâtiments en déshérence. (…)

Dans une logique de service de l’Église, Pierre-Édouard Stérin, entrepreneur, fondateur de Smartbox, a créé avec Damien Thomas, la société Monasphère pour « rapprocher les particuliers des lieux spirituels par la mise en œuvre de programmes immobiliers ». « La crise du Covid a agi comme un révélateur de tendance de fond de renouveau des zones rurales ; avec Monasphère, l’objectif est de contribuer au rayonnement des lieux chrétiens, en permettant aux urbains de se reconnecter avec la ruralité et la spiritualité », explique Damien Thomas. Plusieurs investisseurs ont ouvert les vannes du crédit. Une dizaine d’abbayes, dont celles de Saint-Wandrille et Fontgombault, ont été approchées. En installant des familles à proximité, l’idée est de donner un nouveau souffle, une nouvelle vie, à ces lieux qui ont forgé notre histoire.

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