Au quotidien n°283 : ils nous vendront le hijab pour les pendre…

Publié le 04 Nov 2021
Au quotidien n°283 : ils nous vendront le hijab pour les pendre… L'Homme Nouveau

Il y a longtemps que L’Homme Nouveau a décrypté et dénoncé la collusion entre l’islamisme et un certain libéralisme rappelant la célèbre sentence de Lénine : « ils nous vendront la corde pour les pendre ». Dans une tribune libre publiée par le Figaro (4 novembre 2021), le député européen et philosophe François-Xavier Bellamy s’alarme, à juste titre, de la campagne financée et orchestrée par le Conseil de l’Europe en faveur du… voile islamique.

C’est une courte vidéo promotionnelle comme on en voit tant sur les réseaux sociaux. Une jeune femme vous regarde, souriante. Une ligne balaie l’écran de gauche à droite : cette fois, le visage est voilé. L’opération se répète plusieurs fois, avec des visages différents, et un message : « La liberté est dans le hijab. » Ce message publicitaire est relayé sur les réseaux sociaux, accompagné d’un slogan : « Joy in hijab », « la joie dans le hijab ».

Contre toute apparence, cette campagne n’est pas diffusée par une organisation islamique, mais par le Conseil de l’Europe, avec le cofinancement de la Commission européenne. C’est une courte vidéo, qui aura en quelques heures fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, elle n’est qu’un symptôme parmi bien d’autres, qui ensemble permettent d’établir le constat d’une dérive de grande ampleur.

Depuis des années, des hauts fonctionnaires, des universitaires, des chercheurs alertent sur les stratégies d’entrisme qu’ils observent de la part d’une nébuleuse islamiste qui, sous couvert d’antiracisme, prend place dans l’environnement des institutions européennes : des associations, des fédérations, des organisations non gouvernementales proposent des projets et obtiennent des financements européens.

Elles utilisent les mots-clés en vogue : défendre l’inclusion, promouvoir la diversité, contrer les « discours de haine »… Et, au nom de la « lutte contre l’islamophobie », elles parviennent à imposer leurs thèses. Ainsi du projet « dialogue sur la radicalisation et l’égalité » (DARE), financé dans le cadre du programme de recherche européen Horizon 2020, qui a conclu au fait que la « radicalisation » (le mot islamisme n’est jamais cité) s’expliquait par les « discriminations structurelles » en Europe. Improbable retournement : les pays victimes d’une série d’attentats en deviennent soudain les coupables…

Le Parlement européen lui-même ne manque plus une occasion de relayer ce type d’accusation : quelques jours après la mort de George Floyd, il votait une résolution dénonçant « l’oppression et le racisme structurel en Europe », ainsi que « le recours excessif ou létal de la force par la police dans l’Union européenne », sans qu’on voie bien où pouvait se trouver la responsabilité des forces de l’ordre européennes dans la mort d’un citoyen américain au Minnesota.

(…)

Une telle dérive appelle des questions, et une réponse.

Des interrogations d’abord : comment une telle campagne a-t-elle pu être mise en œuvre ? Qui a pris la décision de la concevoir, de la diffuser ? Quel budget a-t-elle mobilisé ? En démocratie, nous ne finançons pas les institutions pour qu’elles nous réforment ou nous endoctrinent ; les responsables qui engagent des moyens publics doivent en revanche rendre des comptes devant les citoyens. C’est la raison pour laquelle il faut maintenant que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles cette vidéo a été publiée.

Mais, sans attendre, apportons-lui une réponse. Le véritable racisme est à l’évidence dans l’assignation identitaire que de tels messages relaient. Il y a quelques jours, la même « unité antidiscriminations » du Conseil de l’Europe diffusait la photo d’une femme voilée, avec ce commentaire : « Ce que ce foulard veut dire pour moi : c’est la possibilité d’être moi-même, sans avoir à me cacher ni à faire semblant d’être ce que je ne suis pas. » Paradoxe absolu : on se cacherait en se dévoilant, on se montre en se dissimulant. Aucune femme ne se définit par le fait que, derrière un voile, elle montre ce qu’elle est.

Ce contenu pourrait vous intéresser

SociétéLectures

L’islam des Lumières existe-t-il ?

Dans son dernier ouvrage paru, L’Islam des Lumières. Histoire de l’humanisme musulman (VIIe-XXIe siècle), Olivier Hanne brosse un vaste panorama de l'islam, en montrant que comme religion et comme civilisation il recouvre des courants de pensée nombreux et variés. Mais sa démonstration quand à la possibilité d'un islam libéral semble échouer devant l'Histoire.

+

islam des lumières coran
SociétéBioéthique

La GPA éthique : quand l’adjectif remplace la question

C’est logique ! de François-Marie Portes | En jouant avec les mots, on peut en venir à occulter leur sens réel et leurs conséquences. En s'appuyant sur une distinction des circonstances, on nous propose une GPA « éthique », oubliant que dissocier la maternité de la gestation est contre nature, divisant ce qui était uni.

+

gpa éthique
SociétéFin de vie

De la situation faite à la mort en temps nihiliste

L’Essentiel de Thibaud Collin | Dans notre société libérale, la mort est devenue incompréhensible. Échec impossible à envisager pour ceux qui divinisent la liberté et croient à l'autonomie complète de l'homme, elle est donc invisibilisée et l'euthanasie et le suicide assisté ne représentent que les tentatives illusoires de contrôler sa destinée jusqu'au bout.

+

mort nihilisme fin de vie euthanasie suicide assisté
SociétéLéon XIV

Léon XIV en France : La France face au Pape

Spécial venue du Pape en France | Alors qu'elle s'enfonce dans le nihilisme avec des lois de plus en plus antichrétiennes, la France accueille le Pape en grand pompe. Réaction Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, co-auteur d’une tribune intitulée « Léon XIV en France : le piège de l’instrumentalisation » et parue dans le JDD début juin.

+

fin de vie tribune le menée français france pape Léon XIV