Au quotidien n°318 : devenir propriétaire ? Un rêve de plus en plus difficile à accomplir

Publié le 13 Jan 2022
Au quotidien n°318 : devenir propriétaire ? Un rêve de plus en plus difficile à accomplir L'Homme Nouveau

Dans L’Express (13 janvier 2022), un article, un peu technique, décrit comment l’accès à la propriété va devenir de plus en plus difficile. 

La cause est entendue depuis la crise des gilets jaunes : plus question de contraindre les choix de mobilité pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Adieu taxe carbone, péages urbains, ces signaux destinés à infléchir les comportements individuels. On cajole, on subventionne à tour de bras ­ véhicules électriques, vélo, trains de nuit. Par contraste, les contraintes se multiplient sur l’autre principal poste d’émission de ces gaz en France : le bâti, et notamment le logement.

(…)

Le premier découle de la réglementation énergétique sur la construction neuve entrée en vigueur ce 1 er janvier (voir page 54), qui va se déployer tout au long de la décennie, avec des mesures de plus en plus contraignantes. Mais il faut s’attendre à des effets puissants dès cette année. Ainsi, le coût de la construction va s’accroître au fil des mois de 5 à 10 %, selon la Fédération française du bâtiment. Et ce n’est que le début… Ce renchérissement s’ajoute à l’accroissement du coût des matières premières, tendance qui va se poursuivre.

Le second ferment provient du principe du zéro artificialisation nette (ZAN) et de ses conséquences. Le ZAN est, dans l’esprit de ses promoteurs, l’arme fatale contre l’étalement urbain, vilipendé dans les discours et visé par moult lois depuis des décennies. En vain. Aujourd’hui comme hier, n’entend-on pas répéter à l’envi que 10 % du territoire est artificialisé et que « tous les dix ans, c’est l’équivalent de la surface d’un département qui est artificialisé » ? Le ZAN et la logique de sobriété foncière qui le sous-tend tendent précisément à en finir avec cette arlésienne.

Pour autant, la politique du zéro artificialisation nette est-elle autre chose qu’une mesure malthusienne qui ne dit pas son nom ? Elle part d’un postulat inexact que démontent tant l’urbaniste Jean-Marc Offner que le sociologue Eric Charmes : la France ne souffre pas d’une artificialisation massive, mais d’un émiettement urbain excessif. Au lieu d’un urbanisme en tache d’huile avec des continuités maîtrisées, on a favorisé un urbanisme en taches de léopard. Nulleque la logique comptable du ZAN, fondée sur une définition plus que floue de la notion d’artificialisation, suffise à y faire échec. Car cette logique évite de s’atteler aux causes structurelles de cet émiettement : d’un côté, des communes trop nombreuses ; de l’autre, un Etat omnipotent toujours friand de reprendre la main pour gouverner à distance.

(…)

la construction de logements neufs est, avant même l’entrée en vigueur du ZAN, au plus bas depuis vingt ans. Et, ZAN ou pas, à l’heure du Covid, de l’éviction des classes moyennes des coeurs des métropoles et dans une France où posséder sa maison à la retraite est devenu l’objectif d’une vie, les Français rêvent, plus que jamais, de leur pavillon avec jardin. :

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