Au théâtre : Welt

Publié le 18 Mai 2015
Au théâtre : Welt L'Homme Nouveau

Ce spectacle musical explore avec beaucoup de finesse, d’humour et très respectueusement ce monde perdu de la culture yiddish et des shtetls d’Europe de l’Est. David Bursztein qui l’a conçu, mis en scène, et qui en est le chantre, prête son corps à un « dibbouk », esprit bienveillant qui l’entraîne au pays de la mémoire où les morts sont convoqués sur plusieurs générations pour témoigner de choses essentielles, le triomphe de la vie sur la mort, le refus de l’enfermement dans un monde bipolaire où tout ne pourrait être que blanc ou noir. Le Talmud sert de fil conducteur au spectacle. Il développe en empruntant la voie de l’humour cet art subtil de la discussion où l’on se rend compte avec un peu de recul que ce qui s’explique ici-bas est infiniment dérisoire par rapport à ce qui ne s’explique pas.

Histoire joyeuse et tragique

Tous les personnages qui défilent sous nos yeux, un voleur, des tailleurs, un mendiant, une mère… sont autant d’incarnation de cette mémoire qui nous plonge, au fil de la musique et des chansons, dans l’histoire à la fois joyeuse et tragique de ce peuple en exil mais enraciné dans sa foi. Mais la beauté de Welt au pays du Yiddishland avec ce mélange des langues est incontestablement due aussi à la qualité musicale du spectacle et des instruments que l’on a le plaisir d’y voir et d’y entendre : orgue de barbarie, cymbalum, bandonéon, violon, scie musicale, contrebasse, vibraphone, accordéon… Une vraie fête ! Une invitation à la danse de la vie.

Théâtre Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris VIe. Tél. : 01 45 44 57 34. Du mardi au samedi à 21 h 30, et le dim. à 19 h. Jusqu’au 14 juin.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureArt et Patrimoine

L’art contemporain est-il encore de l’art ?

Carte blanche à Yves Chiron | Will Gompertz est critique d’art et il a longtemps dirigé la Tate Galley de Londres. L’ouvrage qu’il a consacré en 2012 à l’art moderne et contemporain, sous le titre Que regardes-tu ?, a été traduit en 22 langues. Selon lui, l’art contemporain est passé de l’« œuvre » à l’« idée ». La fonction de l’art n’est plus d’embellir le monde mais de faire réfléchir la société. 

+

art contemporain
À la uneCultureLectures

Boîte à livres (3/4) : Les grands livres sont des pédagogues du Paradis

DOSSIER n° 1858 « La boîte aux livres de votre été » | En quelques années, les boîtes à livres se sont répandues dans nos villes, et même parfois jusqu’aux plus reculés de nos villages. Empruntant à ce concept, L’Homme Nouveau s’offre le luxe de constituer sa propre boîte à livres pour l’été. Nous vous offrons dans les articles suivants des conseils avisés pour un feu d’artifice littéraire.

+

boite à livres Romain Debluë
À la uneCultureLectures

Boîte à livres (1/4) : La poésie de la trouvaille 

DOSSIER n° 1858 « La boîte aux livres de votre été » | En quelques années, les boîtes à livres se sont répandues dans nos villes, et même parfois jusqu’aux plus reculés de nos villages. Empruntant à ce concept, L’Homme Nouveau s’offre le luxe de constituer sa propre boîte à livres pour l’été. Nous vous offrons dans les articles suivants des conseils avisés pour un feu d’artifice littéraire.

+

boite à livres