Le tabou du « droit » à l’avortement

Publié le 18 Nov 2022
avortement

Présentée par Aurore Bergé (présidente du groupe Renaissance) sous prétexte de l’actualité outre-Atlantique, une proposition de loi visant à insérer le « droit » à l’avortement dans la Constitution a été adoptée par la commission des lois de l’Assemblée nationale, l’avant-veille du 11 novembre. Dans la guerre faite contre les enfants à naître – plus de 220 000 massacrés légalement chaque année – point d’armistice, point de gerbes ! On mesure l’effrayant chemin parcouru depuis la loi Giscard-Chirac-Veil (1975) qui présentait alors l’infanticide prénatal comme un (faux) moindre mal, exclusivement pour les « cas de détresse » et à certaines conditions. De crime abominable puis de « drame toujours » (Simone Veil), l’avortement est devenu non seulement un acte médical banal parmi d’autres (remboursé par la Sécurité sociale) mais un droit fondamental (au-dessus des autres et donc du droit à la vie !) qu’il faut sacraliser dans la Constitution (1). Un droit absolu, auquel « nul ne peut porter atteinte » et dont « nul ne peut être privé » ! Qui dit droit absolu dit donc maintenant devoir également pour tous les médecins de le pratiquer, à qui Mathilde Panot (présidente du groupe La France insoumise-Nupes) voudrait bien retirer aussi la « clause de conscience » avec un projet de loi analogue présenté également ce mois de novembre. Déni de réalité Même si ces funestes projets ont peu de chances d’aboutir à cause d’un Sénat peu disposé actuellement à les soutenir dans les mêmes termes qu’à l’Assemblée pour être adoptés par référendum (2), l’inquiétant est leur réception médiatico-politique et les commentaires majoritaires qu’ils suscitent dans un halo de désinformation confinant au déni de réalité. En témoigne par exemple cet échange sur Twitter. À Christine Boutin qui s’étonnait simplement de cet acharnement militant d’Aurore Bergé alors qu’elle vient d’accoucher et qu’elle a donc porté et senti déjà dans son ventre « l’enfant vivre par ses coups de pieds », cette dernière a répondu : « Ma mère s’est battue pour que je puisse avoir plus de droits qu’elle n’en avait à disposer de mon corps. Je me bats pour ma fille, pour toutes nos filles, pour qu’elles n’en aient demain pas moins que moi. » La pauvre ne saisit même pas qu’il ne s’agit pas seulement de son corps et que « si sa mère avait connu l’IVG », comme le scandaient jadis certains manifestants contre des auteurs de loi bien connus, elle ne serait peut-être pas là pour se battre ainsi contre la vie ! Mais l’ineptie…

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Jean-Michel Beaussant

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