Aziliz Le Corre : Pourquoi fonder une famille ?

Publié le 18 Nov 2024
famille enfant
Journaliste, mère de famille, Aziliz Le Corre s’est penchée, dans un livre tout juste paru, L’enfant est l’avenir de l’homme, sur les mouvements qui prônent la stérilité volontaire, dans un souci écologique ou pour des raisons plus matérialistes. Une tendance qui est surtout fondée sur le manque de confiance dans l’avenir et la crise de la transmission. Entretien.

 

| Un monde inhabitable, le souci du pouvoir d’achat, la maternité comme aliénation, autant de raisons invoquées pour ne pas enfanter. Dans quelle mesure l’argument écologique des « No Kids » porte-il dans l’explication de la baisse de la natalité ? Comment cela se vérifie-t-il ?

Il faut revenir à l’origine du mouvement « No Kids ». Ce label a été fondé en 2010 par Lisa Hymas, sous le nom de « GINK » pour Green Inclination No Kids, littéralement « engagement vert, pas d’enfants ». Leur slogan : « Si tu aimes les enfants, ne les mets pas au monde, c’est une poubelle. » J’ai interrogé sa fondatrice, qui vit à Seattle, par écrans interposés. Elle m’a confié sans concession s’être servie de la question écologique pour faire avancer les revendications « childfree» (« sans enfants par choix ») dans le débat public américain. Un argument vertueux qui aurait permis d’assumer plus facilement son choix de ne pas engendrer. Selon l’Ifop, 24 % des Français se disent influencés par le réchauffement climatique dans leur décision d’enfanter (parmi ceux qui ont répondu positivement au sondage, 38 % ont entre 18 et 25 ans). Et 42 % des femmes de moins de 35 ans déclarent que la crise climatique pèse sur leur désir d’enfant. Néanmoins, selon une étude du Crédoc de 2020, cette même classe d’âge, est celle qui consomme le plus. En résumé, il est plus concevable à une majorité des moins de 35 ans de ne pas enfanter que de cesser de prendre l’avion ou de changer ses habitudes alimentaires. Cela ne signifie pas que les No kids sont responsables de la baisse de la natalité. C’est bien plutôt une mentalité qui préside à cet hiver démographique : l’idéal de consommation qui constitue l’horizon de toute existence postmoderne, dans laquelle il semble inconcevable de vivre pour autre chose que pour son propre désir.

| Vous rappelez tout de même que le nombre d’enfants qui naissent en France est plus bas que le nombre d’enfants désirés. N’y a-t-il pas un vrai problème financier, plus qu’un égoïsme de la part…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marguerite Aubry

Marguerite Aubry

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

Europe : les chrétiens sont-ils en danger ?

Entretien | Fin décembre, le Centre européen pour le Droit et la Justice (ECLJ) a publié un rapport alarmant sur la haine antichrétienne en Europe. Son auteur, Thibault van den Bossche, dresse ici un état des lieux alarmant et préconise essentiellement des moyens d’action inscrits dans le système juridique européen.

+

haine anti chrétien
À la uneSociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
À la uneSociété

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
À la uneSociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie
SociétéAgriculteurs

Colère paysanne et hiver agricole

Alors que notre agriculture traverse les jours les plus noirs de son histoire, l’abattage stalinien des bovins et la violente répression para-militaire l’accompagnant ont choqué la France entière. Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture continue à se partager entre surdité et absurdité.

+

crise agricole paysan