BAC 2023 : « Parle-moi Cyrano, de mon bac de philo »

Publié le 14 Juin 2023
Bac philo 2023
Plus de 500 000 candidats ont passé l’épreuve de philosophie du baccalauréat, ce mercredi 14 juin 2023. Nous vous proposons une réponse, sous une forme plus originale, à l’un des sujets proposés ce matin : “Vouloir la paix, est-ce vouloir la justice ?” 

 

L’Homme 

Qu’auriez-vous répondu en face du sujet 

Est-ce vouloir justice, que de vouloir la paix ? 

 

Le Nouveau 

Mon annonce de plan est, ma foi, fort logique 

En grand un la justice et en grand deux la paix 

Moi je prends la méthode et bêtement l’applique. 

 

L’Homme 

Et pour le grand trois ? 

 

Le Nouveau 

La justice et la paix. 

 

 

L’Homme 
Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme ! 
On pouvait dire… Oh ! Dieu !… bien des choses en somme… 
En variant le ton, — par exemple, tenez : 

Héraclite : « Vouloir la paix c’est se tromper. 

Il n’y a point de paix car tout est en conflit. » 

Socrate : « Pour répondre, prenez donc le pli 

De définir d’abord les termes du sujet ! » 

Aristote : « Monsieur, dans les finalités, 

La Concorde s’acquiert d’abord par l’Amitié. 

Il faut vouloir toujours le bien le plus parfait, 

La justice est vertu qui conduit à la paix. » 

Cicéron : « Rome n’a qu’une seule option 

Carthago delenda est notre solution ! » 

Saint Augustin : « La guerre parfois peut être juste » 

Saint Thomas : « La paix est un désir bien auguste, 

Et elle est de précepte car elle est charité. » 

Descartes : « La justice est d’abord l’équité. » 

Pascal : « Impuissante est la justice sans force, 

Et sans la justice, tyrannique est la force. » 

Rousseau : « La paix s’obtient par le Contrat social 

Et ce dernier peut être ou juste ou bien fatal. » 

Robespierre : « La paix ne naît que de la guerre ! » 

Nietzsche : « Notre monde n’est pas un univers 

Qui peut rester en paix. Préférons la justice 

Et enfermons donc l’homme qui tombe dans ces vices. » 

Victor Hugo : « Prononce, ô Justice des hommes, 

Va sur toutes les places et crie sur le Forum 

Ces mots que l’ancien monde prononçait par la force. » 

Napoléon : « Chez moi, dans mon pays de Corse, 

La justice a le bruit d’une déflagration ! » 

Emmanuel Macron : « Au nom de la nation, 

La paix est un bienfait que l’on peut espérer 

Pourtant il faut la guerre pour tout équilibrer. »  

Mais bien plus que les sages, les savants et les rois, 

C’est au psalmiste enfin d’achever ce débat : 

Notre terre donne son fruit mais Dieu, lui, le bonheur 

Justice marchera devant lui à toute heure. 

Et la fidélité germera de la terre. Justice et paix s’embrassent.(1 )

Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit 

Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit : 

Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres, 

Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres 

Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !  

 

 

(1) Réécriture libre du Psaume 84

 

 

Retrouvez notre dossier sur la paix de Dieu : Quand l’Eglise protège les fidèles 1/3

Domitille de Brü et Guillemette Gruet

Ce contenu pourrait vous intéresser

A la uneSociétéBioéthique

GPA et filiation (3/4) : La gestation pour autrui est-elle bien féministe ? 

Dossier « GPA : la filiation niée par un nouvel esclavagisme » (3/4) | À un moment de l’histoire humaine où les frontières biologiques sont bousculées par de nouvelles technologies et où la « dignité » est instrumentalisée pour s’affranchir des barrières morales, un philosophe revient sur la GPA et sur la dégradation qu’elle représente pour la mère, l’enfant et les « parents d’intention ».

+

gpa féminisme
A la uneSociétéBioéthique

GPA et filiation (2/4) : L’humanité de la maternité

Dossier « GPA : la filiation niée par un nouvel esclavagisme » (2/4) | On ne peut nier biologiquement le lien qui s’instaure entre la mère et le fœtus lors de la grossesse, point de départ indissociable de la maternité et de la vie d’un enfant. Dans le cadre d’un contrat de gestation pour autrui (GPA), la mère n’est plus que gestatrice, et l’enfant est brutalement soustrait à celle qu’il a appris à reconnaître durant les neuf mois.

+

gpa
A la uneSociétéFin de vie

L’euthanasie repoussée par la dissolution de l’Assemblée nationale  

Le 7 juin dernier, jour du Sacré-Cœur, l’Assemblé nationale a débattu sur le projet de loi de fin de vie. Cette proposition de loi est en arrêt temporaire dû à la dissolution de l’Assemblé nationale. Ce dimanche 9 juin, au soir du scrutin des élections européennes, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblé Nationale. Cette décision a entraîné l'arrêt immédiat de tous les travaux en cours au Palais Bourbon.  

+

euthanasie
SociétéBioéthique

GPA et filiation (1/4) : La logique marchande, au cœur de la gestation pour autrui 

Dossier « GPA : la filiation niée par un nouvel esclavagisme » (1/4) | À l’approche des élections européennes, la question de la gestation pour autrui (GPA) refait surface. Si le droit français a permis jusqu’à maintenant de protéger la femme et l’enfant, une GPA soi-disant « éthique » est pourtant de plus en plus mises en avant par des personnalités et des entreprises étrangères.

+

gpa
Société

Transition de genre des mineurs : les procédures médicales enfin encadrées ?

Décryptage | Alarmé par le développement des traitements hormonaux et chirurgicaux de la transition de genre des enfants et leur impact négatif, le Sénat vient de voter une proposition de loi encadrant ces procédures, à la suite des dispositions prises dans un nombre grandissant de pays. Un pas dans la direction de la protection de la santé et du futur des mineurs concernés.

+

transition de genre mineur
SociétéFin de vie

La mort, honteuse et confisquée

L'Essentiel de Thibaud Collin | De mensonges en manipulations, l’euthanasie s’imposera bientôt par la loi à la société française. À l’origine de cette transgression finale, une vision déformée de la vie et la disparition de l’au-delà qui fondent cette ultime et illusoire tentative de contrôle, souvent en confisquant au mourant la conscience de sa fin.

+

mort fin de vie