Annibale Bugnini : la révolution liturgique préparée dès 1949

Publié le 16 Déc 2022
Bugnini

Dès 1949, le futur Mgr Annibale Bugnini (1912-1982), cheville ouvrière de la réforme liturgique de 1969, avait envisagé de profondes modifications affectant le calendrier liturgique et le bréviaire. Le blog américain New Liturgical Movement a récemment publié un long article dans lequel l’abbé Bugnini explique les réformes envisagées et le sens de la profonde restructuration qu’il préconise. Sur son blog, Yves Daoudal a donné un premier écho à ces préconisations de l’abbé Bugnini. À notre demande, il a bien voulu revenir sur ce sujet. Attention : âmes sensibles, s’abstenir.

 

Chacun sait que le principal artisan de la « réforme liturgique » d’après Vatican II est Mgr Annibale Bugnini. On sait moins que l’homme était depuis longtemps dans la place, longtemps avant le Concile. Le blog américain New Liturgical Movement a récemment attiré l’attention sur un long article écrit par l’abbé Bugnini en 1949, et en a publié une traduction en anglais. Vingt ans avant la nouvelle liturgie, Bugnini annonçait déjà les bouleversements à venir. Ce texte avait été reproduit dans sa langue originelle, par un blog italien, en 2012, mais ce blog Messa in latino était alors sans doute encore confidentiel, vu l’absence de commentaires.

Annibale Bugnini et la confiance de Pie XII

L’abbé Bugnini était depuis 1946 le rédacteur en chef de Ephemerides liturgicae, revue publiée par le Centro Liturgico Vincenziano (de saint Vincent de Paul) à Rome. En 1948, Pie XII crée une « Commission pour la réforme liturgique », et le travail qu’accomplit l’abbé Bugnini dans la revue plaît tellement au pape qu’il nomme Bugnini secrétaire de la commission. C’est donc l’année suivante que Bugnini va publier son premier plan de destruction de la liturgie latine.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, même si l’article, intitulé « Pour une réforme liturgique générale », ne concerne que le calendrier et le bréviaire. Pie XII ne bronche pas. Bugnini est bel et bien installé, avec la confiance du pape, aux commandes de la machine intellectuelle qui vingt ans plus tard va réellement dynamiter la liturgie traditionnelle latine.

L’article est habilement présenté comme une compilation des « amendements, vœux et intentions » des collaborateurs de la revue et « d’amis de la liturgie », comme des réponses très diverses à un questionnaire. Et « nous tirerons quelques conclusions exprimant modestement nos propres pensées personnelles ». Il est habilement présenté aussi comme s’inscrivant dans la continuité de la réforme du bréviaire par saint Pie X (ce que l’on retrouvera évidemment souligné dans la réforme postconciliaire, en y ajoutant Pie XII et Jean XXIII).

L’abbé Bugnini plaide pour une tendance nettement pastorale

Le travail à effectuer devra avoir une « tendance plus distinctement pastorale en vue d’un allégement de l’appareil liturgique et d’une adaptation réaliste aux besoins concrets du clergé et des fidèles dans les nouvelles conditions d’aujourd’hui ». Plus loin il insiste : « Que la liturgie rencontre vraiment toutes les demandes de la piété liturgique d’aujourd’hui. » Sans dire ce que sont ces nouvelles conditions ni ce qu’est la piété liturgique d’aujourd’hui. Mais ce sera le leitmotiv des artisans de la réforme liturgique : allègement du « pensum », adaptation au monde moderne.

Aussitôt Bugnini cite un « excellent liturgiste » (anonyme) qui souligne que la réforme doit être « pleinement adaptée aux besoins spirituels du christianisme moderne ». Lequel n’est donc pas le christianisme d’autrefois et a des besoins spirituels inconnus jusqu’ici. De fait jusqu’ici ce n’est pas le christianisme qui avait des besoins, mais les chrétiens, et ces besoins étaient plus que satisfaits par la liturgie immémoriale de l’Eglise.

Le calendrier bouleversé

Bugnini énumère alors les cinq « principes » qui doivent guider la réforme.

1) la prédominance du cycle temporal sur le sanctoral ;

2) l’office typique infra hebdomadam [doit être] le jour de semaine à 3 leçons ;

3) conserver au culte des saints un caractère strictement local ;

4) éviter la multiplication des « fêtes d’idées » ;

5) éviter la répétition continuelle des « communs ».

Saint Pie X avait heureusement rétabli la prééminence des dimanches sur les fêtes des saints. Bugnini veut aller plus loin : seules des fêtes du Seigneur doivent pouvoir primer le dimanche, et il faut supprimer les fêtes qui entrent en concurrence avec les temps liturgiques les plus importants. C’est ce que fera la réforme liturgique postconciliaire, mais pas au point que le voulait Bugnini, puisqu’il voulait par exemple supprimer les fêtes de saint Etienne et de saint Jean de l’octave de Noël.

L’office « à trois leçons » était depuis saint Pie X l’office typique de semaine. Sans doute Begnini veut-il dire qu’il doit être le moins possible supplanté par une fête de saint à 9 leçons, conformément aux principes 1 et 3.

Car le troisième principe implique la suppression de la plupart des fêtes de saints du calendrier universel (ce qui se fera dans le calendrier de 1970). C’est « l’allègement du sanctoral ».

Ensuite, Bugnini précise que la plupart des fêtes de saints doivent être célébrées au niveau strictement local (pas même au niveau diocésain), et seulement par une oraison et une antienne de Benedictus et de Magnificat. Dans le calendrier universel ne doivent rester que les saints qui ont eu un rôle important pour toute l’Eglise, et même ceux-là on doit les regrouper (par exemple plusieurs docteurs, plusieurs papes…). Et il ne suffit pas de réduire drastiquement le calendrier, il faut aussi fixer des normes qui empêchent une « indiscrète agglomération » de fêtes à l’avenir.

Quand l’abbé Bugnini fait la chasse aux doublons et à la monotonie

Il faut également supprimer les « doublons » : il y a deux célébrations de la Transfiguration, et deux célébrations de la Croix. Bugnini n’aura pas gain de cause vingt ans plus tard en ce qui concerne la Transfiguration (qui reste l’évangile du deuxième dimanche de carême outre la fête du 6 août), mais la fête de l’Invention de la Sainte Croix sera en effet supprimée… dès 1960. Or c’est une fête très ancienne, sans doute célébrée dès le Ve siècle.

Et il faut modifier la hiérarchie des fêtes, qui est « trop compliquée », selon une « nomenclature excessive et arbitraire » (sic, c’est l’auteur qui souligne). Ce sera fait en premier lieu par Jean XXIII en 1960, puis de façon encore plus sévère par la réforme postconciliaire. Or si l’on pouvait opérer une légère simplification, garder la nomenclature telle qu’elle était sous Pie XII n’avait rien de compliqué pour quiconque s’intéressait un tout petit peu à son bréviaire, et devenait rapidement très facile.

Les « fêtes d’idées », ce sont les fêtes qui célèbrent non pas un événement de l’histoire du salut, mais un dogme ou une dévotion (Fête Dieu, Sacré Cœur, Précieux Sang, Christ Roi…). Ces fêtes ne correspondent pas en effet à la tradition d’orient et d’occident du premier millénaire. Ce qui est curieux est que dans la suite de son exposé Bugnini les garde toutes, en les changeant de place…

Éviter les répétitions sera l’un des principaux leitmotive de la réforme postconciliaire. A ce stade de l’exposé de Bugnini il s’agit spécifiquement des communs des saints. Mais c’est là contredire la plus ancienne pratique liturgique de l’Eglise romaine.

Le nouveau calendrier de l’abbé Bugnini : une rupture totale

C’est une initiative récente (XVIIIe siècle) de fabriquer des messes et des offices pour les nouveaux saints, souvent sans respecter les règles liturgiques antiques. Même les quatre grands docteurs de l’Eglise latine, Jérôme, Ambroise, Augustin, Grégoire, ont l’office et la messe du commun des confesseurs pontifes. La messe et l’office propres était une exception, pour saint Pierre et saint Paul, pour tel ou tel martyr particulier. Le besoin de diversité est une démangeaison moderne, et n’a rien à voir avec une saine pratique liturgique.

La voix populaire est d’ailleurs là pour en attester : dans les pays qui ont gardé la tradition de la messe Rorate tous les jours de semaine de l’Avent, les fidèles s’y pressent tous les jours et ne souffrent pas du tout de la répétition (les messes Rorate sont une tradition anglosaxonne et d’Europe centrale, elles sont encore très suivies particulièrement en Pologne).

L’abbé Bugnini s’étend également sur le calendrier du temporal. Signalons sa semaine de l’Epiphanie :

Premier dimanche de l’année : Epiphanie (c’est-à-dire Baptême du Seigneur, comme chez les byzantins).

Lundi : venue des Mages.

Mardi : Jésus au Temple.

Mercredi : les Noces de Cana.

Jeudi : la Transfiguration.

Vendredi : le Cœur de Jésus.

Samedi : l’Assomption.

Le dimanche suivant : le Christ Roi.

Sic. Sans doute s’est-il rendu compte ensuite que c’était une semaine un peu chargée, et pastoralement absurde si l’on pense que la plupart des fidèles ne vont à l’église que le dimanche.

On note que pour la Pentecôte il prône un « retour à la plus ancienne pratique de terminer la saison de Pâques le 50e jour, le jour de la Pentecôte, sans octave ». C’est ce qui sera fait en 1970. Mais l’octave de la Pentecôte était aussi ancienne que celles de Pâques et de Noël…

Alléger le bréviaire

Bugnini en vient ensuite au bréviaire. Il prétend (sans apporter la moindre preuve) que la « tendance constante a toujours été d’alléger le pensum quotidien de l’office divin », jamais de l’alourdir pour qu’il « devienne de plus en plus un fardeau » ; et « puisque les propositions de réforme sont décidément orientées vers une réduction du pensum (fardeau), elles se concentrent sur le psautier pour atteindre ce but ».

Ce qui est lourd, c’est l’obsession de Bugnini à présenter l’office divin comme un fardeau. Hélas il ne l’a pas inventé. La récitation de l’office divin était en effet largement et presque officiellement considérée comme un pensum, une sorte de pénitence quotidienne imposée au prêtre.

Alors que pour qui vit de la liturgie, l’office est une lumière, une nécessité de l’âme, de toutes les heures, plus prenante que celle de la nourriture du corps. Les moines et les évêques qui ont élaboré l’office auraient été suffoqués qu’on appelle « fardeau » ce qui fait courir vers le ciel, ce qui fait contempler le ciel avant d’y aller.

Mais déjà dans les couvents de sainte Thérèse d’Avila l’office divin n’était qu’une sorte de support à une méditation déconnectée des psaumes, et au siècle suivant il y eut des manuels, destinés aux carmélites, leur détaillant ce qu’elles doivent méditer à chaque nocturne des matines (la Passion, les vertus…) pendant qu’elles récitent un texte latin auquel elles ne peuvent rien comprendre car elles ne doivent pas connaître le latin.

Il faut donc « alléger » le « fardeau » et l’« adapter » aux conditions de la vie moderne. Il faut simplifier les rubriques et mettre de la variété : que chaque fête ait ses formules propres, parce que « les communs sont la fossilisation de la piété ». Nous avons déjà répondu sur ce sujet.

Les six propositions de l’abbé Bugnini à propos du bréviaire

La grande réforme à accomplir dans ce domaine est la… « réduction du pensum quotidien ». Bugnini énumère six propositions. La dernière a sa faveur : étendre la récitation du psautier sur deux semaines. C’est la proposition la plus détaillée, suivie d’un éloge dithyrambique. Celle-là permet d’arriver à une « réduction raisonnable et appropriée de l’onus canonicum », le fardeau canonique. La réforme postconciliaire ira beaucoup plus loin, en étendant le psautier sur quatre semaines.

En ce qui concerne les antiennes, il faut les dire intégralement avant et après les psaumes, et pas seulement « dans la forme réduite » avant les psaumes. C’était déjà réalisé dans le bréviaire de Quignonez (1535), dit bréviaire de Sainte-Croix, typique de l’hérésie liturgique pour dom Guéranger, et que Bugnini cite à un autre propos. Et ce sera fait dans le bréviaire romain dès 1960.

Mais si l’on ne disait d’abord que le début de l’antienne, c’était pour donner l’intonation qui détermine le ton de la psalmodie. Supprimer cette disposition, c’est vouloir oublier que la liturgie dans toute sa plénitude est chantée, et chantée au chœur, voire par les fidèles : chaque petit bout d’antienne dit au début d’un psaume rappelle à celui qui récite seul son office que la liturgie est communautaire (c’est la liturgie de l’Eglise, pas une prière individuelle) et que la liturgie dans sa plénitude est un chant.

Bugnini demande aussi qu’on harmonise le texte de l’antienne avec celui du psaume quand il est différent. Là c’est le côté rationaliste des réformateurs qui s’exprime. Les légères différences qu’il y a parfois sont comme un rappel que la liturgie a une histoire, qu’elle s’est peu à peu constituée avec des textes latins de diverses époques, et celui qui dit l’office participe ainsi à cette histoire de la piété.

Il demande encore que l’on enlève l’alléluia qui conclut des antiennes dont le sens s’oppose à ce chant de joie. Mais cet alléluia rappelle précisément que l’on ne doit pas s’enfermer dans la douleur et que la joie divine est toujours là. Gaudete semper

Vers « l’office des lectures »

Les lectures des matines occupent beaucoup Bugnini. Il est significatif qu’il dise « lectures » alors que l’Église a toujours dit « leçons ». Car il s’agissait de textes faisant partie intégrante de la prière, et non de lectures à proprement dites, ni même de lectio divina. Confondre lecture et prière, c’est brouiller le sens de l’une et de l’autre, et d’abord la spécificité de la prière.

Ici Bugnini affirme : « Un accroissement qualitatif et quantitatif est unanimement demandé. » Il voit certes la contradiction avec l’impératif d’allégement général de l’office, mais il s’agit de lectures variées… Le choix doit être « plus éclectique » que dans le bréviaire traditionnel, on doit même prendre aussi des auteurs modernes, ce qui implique que ce ne soit plus en latin…

On voit ici très clairement esquissé ce qui sera l’« office des lectures » qui remplace les matines dans la « Liturgie des heures ». Pour que cet office soit vraiment dans l’air du temps, Bugnini ajoute qu’il faut « supprimer les légendes qui jettent le discrédit sur la piété de l’Église et les récits de miracles même quand ils sont authentiques », ce qui sera fait également en 1970. Sans aucune considération de la piété, précisément, il faut mettre à la poubelle tout le merveilleux chrétien, toute la poésie et le symbolisme (souvent très profond) de légendes et de miracles qui ont toujours tissé la vie spirituelle de l’Eglise et des croyants. Et il faut encore supprimer « certaines interprétations et allégories qui reflètent la mode et le goût d’une période révolue, et les remplacer par des textes qui soient une véritable nourriture spirituelle ».

Sus au symbolisme

En cause ici d’abord le symbolisme des nombres, considéré comme un jeu intellectuel démodé, alors qu’il est ancré dans la Sainte Ecriture et qu’il a toujours fourni une « véritable nourriture spirituelle », ce qui est loin d’être toujours le cas des auteurs modernes.

Bugnini s’intéresse aussi aux capitules et aux hymnes. Sans surprise, il faut « remédier à la monotonie » des uns et augmenter le nombre des autres « pour plus de variété ».

On voit que remédier à la monotonie est un des grands leitmotive. Mais il ne peut pas y avoir de monotonie dans ce qui est jaillissement permanent de vie spirituelle. Non seulement les répétitions de la liturgie ne sont pas fastidieuses, mais elles sont comme les tremplins que le sportif retrouve chaque jour en se disant que cette fois il ira plus loin.

En ce qui concerne les oraisons, Bugnini demande de les « réviser » et précise seulement : « retour à la sobriété classique, élimination de celles qui sont très longues avec des idées disparates, contenant toute la vie du saint, etc. » Ici on en peut qu’être d’accord avec lui. Mais après le concile, le « retour à la sobriété classique » ne sera qu’un faux semblant destiné à cacher une refonte des oraisons fabriquées avec des expressions prises çà et là et dont le sens ne sera plus celui des oraisons traditionnelles.

Parmi les autres propositions, on remarque la « suggestion » que les prêtres de paroisse et d’autres « en charge d’âmes » soient dispensés des petites heures (prime, tierce, sexte, none) au moins les dimanches et fêtes. La réforme de 1970 ne gardera qu’une seule petite heure obligatoire.

Un Code de droit liturgique ?

Enfin, Bugnini suggère la rédaction et promulgation d’un Code de droit liturgique qui serait parallèle au Code de droit canonique. Cela ressemble à une mauvaise blague, puisqu’il s’agit de détruire la liturgie traditionnelle.

Mais il précise ensuite que ce code n’en est pas un, mais alors pas du tout : il ne sera pas conçu sur la base de ce qui est légalement en vigueur, mais sur « des études mettant en lumière les origines, la signification et l’évolution historique de chaque rite et cérémonie ». Afin de servir de point de départ « pour les commissions liturgiques qui dans chaque diocèse pourront ajuster et accorder aux besoins spirituels des différents lieux les célébrations imposées à chaque prêtre dans sa paroisse et mettre fin à l’arbitraire qui se vérifie chaque jour davantage ».

Une révolution liturgique permanente, garantie par un Code, censée mettre fin à l’arbitraire…

Bugnini face à l’hérésie antiliturgique de dom Guéranger

En conclusion, voici un texte de dom Guéranger, extrait de ses Institutions liturgiques (Première partie, chapitre 13). L’abbé de Solesmes évoque le bréviaire de Quignonez, et c’était déjà du Bugnini, quatre siècles plus tôt :

« Au moyen d’une certaine variété dans les prières et les lectures, en évitant, autant que possible, les répétitions, en retranchant tout ce qui se rapporte à l’assemblée des fidèles, comme n’ayant plus de sens dans la récitation privée, on pensait ranimer le goût de la prière chez les clercs, et l’on ne voyait pas que c’était aux dépens de la Tradition ; que l’antique dépôt des prières liturgiques une fois altéré, ne tarderait pas à périr ; que cette forme d’office, inconnue à tous les siècles chrétiens, pénétrerait bientôt dans les Églises, au grand scandale des peuples ; en un mot, que c’était une Réforme désastreuse que celle à laquelle on sacrifiait tout le passé de la Liturgie. »

Dom Guéranger souligne que saint François Xavier fut le premier à qui on pensa : le nouveau bréviaire allait soulager son immense charge de travail dans les Indes et lui donner plus de temps pour son extraordinaire évangélisation. Mais saint François Xavier refusa tout net. Il savait que le bréviaire n’était pas un fardeau, mais une condition nécessaire de son apostolat.

 

Yves Daoudal

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