Carmélites de Compiègne (3/4) : Madame Louise de France, une fille de roi au Carmel

Publié le 06 Fév 2025
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Visite de Louis XV a Mme Louise de France, Maxime Le Boucher.

> Dossier : « Carmélites de Compiègne, 230 ans après, un témoignage universel »
Madame Lidoine, prieure des carmélites martyres, avait repris le nom en religion de sa protectrice royale, Louise de France, fille de Louis XV, princesse au destin surprenant.

  Quand, un matin de 1770, Louis XV entre dans les appartements de ses filles, et dit : « Louise est partie », Mesdames Victoire, Sophie et Adélaïde se seraient écriées : « Avec qui ?!! » Trop beau pour être vrai…

Une vocation connue

Même si, par crainte d’une indiscrétion, Louise-Marie, huitième fille de Louis XV, née le 15 juillet 1737, et surnommée Madame Dernière, exprimant le vœu de la famille royale qui ne sait plus que faire de tant de princesses, a caché ses projets à ses aînées, nul n’ignore son attirance pour la vie religieuse. Comment l’imaginer fuguant  avec un beau gentilhomme, elle qui, chaque fois que l’on a évoqué un projet de mariage digne d’elle, a déclaré : « N’ai-je sujet d’être bien inquiète qu’on me destine un époux, à moi qui n’en veux pas d’autre que Jésus-Christ ? » La Cour se demandait seulement quand le roi donnerait sa bénédiction, s’il la donnait, à la vocation de sa fille, pour laquelle il éprouve une préférence inavouée. Louise, en effet, est bien plus intelligente que ses aînées, et son fort caractère plaît à son père, heureux qu’il soit difficile de lui en imposer. 

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Madame Louise de France (1748) par Jean-Marc Nattier.

Ses éducatrices ont dû lutter pour refréner ses humeurs autoritaires et son orgueil. Un jour qu’une de ses femmes de chambre la réprimandait à raison, Madame Louise, furieuse, lui avait dit : « Comment osez-vous parler sur ce ton à la fille de votre roi ? » Sans se laisser impressionner, la femme avait rétorqué, glaciale : « Et vous, Madame, comment osez-vous parler sur ce ton à une fille de votre Dieu ? » De ce jour, Louise a compris les mérites de l’humilité chrétienne et appris à mépriser les grandeurs de sa naissance. À son retour du couvent de Fontevraud où elle a grandi, le spectacle de la cour et de ses vanités l’a épouvantée et cela s’est aggravé après la mort de sa mère, la reine Marie, avec laquelle elle aimait à parler des choses de Dieu, et des moyens d’instaurer la dévotion…

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Anne Bernet

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