> Carte blanche d’Yves Chiron
La commission d’étude sur le diaconat féminin, créée en 2021 et présidée par le cardinal Petrocchi, sur mandat du pape François, a rendu ses conclusions dans un rapport en date du 18 septembre. À la demande du pape Léon XIV, ce rapport a été rendu public le 4 décembre dernier. Sans faire une analyse détaillée de ce document, qui n’est pas un acte du magistère, on relève que la commission « exclut la possibilité d’avancer dans le sens de l’admission des femmes au diaconat compris comme un degré du sacrement de l’ordre », mais estime aussi qu’il ne s’agit pas d’un « jugement définitif ». Dans ce contexte, la réédition de l’important ouvrage de Mgr Martimort (1911-2000), Les Diaconesses, est une excellente chose. L’ouvrage du grand spécialiste de la liturgie a été publié en français il y a plus de quarante ans, en 1982, à Rome, aux Edizioni Liturgiche. Il garde tout son intérêt parce qu’il est une étude historique rigoureuse et exhaustive. Il montre que le mot grec diakonos (littéralement « serviteur ») – qui a donné le français diacre – n’a pas d’équivalent féminin dans le Nouveau Testament. On peut en dire autant du mot « apôtre ». Les Actes des apôtres et les Épîtres montrent « le rôle important des femmes dans l’évangélisation de la catéchèse ». Mais ce n’est qu’avec la Didascalie des Apôtres, un ouvrage de la première moitié du IIIe siècle, que sont mentionnées à deux reprises des femmes diacres (diaconissa en latin). Mgr Martimort distingue bien la pratique de l’Orient chrétien de celle de de l’Église latine et explique quand et pourquoi elles ont disparu. On peut dire en résumé que, dans les pays et les époques où le ministère des diaconesses a existé, il s’est toujours agi « exclusivement de suppléances dues à l’absence de prêtre ou de diacre », qu’on n’a « jamais admis que la diaconesse prêchât et enseignât en public » ni qu’elle servît à l’autel. La bénédiction ou l’ordination qu’elle recevait n’était pas une consécration et « à la diaconesse on ne laisse pas espérer, comme au diacre, la possibilité d’accéder à un degré supérieur ». Cette réédition de l’étude majeure de Mgr Martimort est précédée d’une longue préface et d’une postface d’un grand intérêt. Elles ont été écrites par le père Thomas Michelet, dominicain, professeur de théologie à l’université pontificale Angelicum. Il montre la pertinence des démonstrations de Mgr Martimort et répond aux thèses de ceux…







