Cérémonie des Jeux olympiques : quelles leçons ?

Publié le 11 Oct 2024
jeux olympique cérémonie d'ouverture

La Conciergerie sous les fumées de la « fête ».

C’EST LOGIQUE ! | Deux mois après l’ouverture des Jeux olympiques 2024, que reste-t-il des images de la cérémonie qui a suscité tant de commentaires, dithyrambiques ou horrifiés ? Les moyens énormes mis à la disposition de l’ordonnateur du spectacle ont-ils été mis en œuvre pour présenter les revendications woke et glorifier les atrocités de la Révolution française?

  Ouverture des Jeux olympiques 2024 : y a-t-il moyen de se faire un avis sur la valeur d’une telle cérémonie ? Quatre heures d’un spectacle foisonnant : défilé nautique, mises en scène, tableaux vivants, chants, danses, etc., dans un espace de six kilomètres sur la Seine, en plein Paris. Bien malin qui saurait ramasser sa pensée en un jugement unique.

Des appréciations variées

Cette difficulté est bien reflétée par les appréciations variées, dans la presse ou les déclarations officielles. On a été enthousiasmé, séduit, admiratif : « fête grandiose et somptueuse, sublime, inoubliable, époustouflante » ; ou au contraire, gêné, choqué voire scandalisé : « spectacle ridicule et grotesque », « soirée trop longue, trop sombre… otage de sa propre arrogance ». Il y a à cela une raison qui tient à la nature de ce que cette forme d’art propose : un matériau, visuel ou musical, mis en forme dans des représentations sensibles, singulières et concrètes, riches d’évocations, d’images, de symboles mais dont le sens n’est pas toujours obvie. Au théâtre ou au cinéma, dans un poème, un roman ou un opéra, un texte est là qui livre à l’intelligence le sens caché. Mais dans ce spectacle, les auteurs ne nous signifient rien d’autre que des représentations figuratives, hormis, comme au bas d’un tableau, ces 12 titres ou têtes de chapitres affichés sur les écrans : « Enchanté », « Synchronicité », « Sportivité », « Éternité », etc.  Un tel retentissement positif ou négatif de ce choix d’images, de musique et de danse saisit directement et prioritairement les facultés sensibles : imagination, affectivité, mémoire, en provoquant chez le spectateur une appréciation forte mais subjective. Cette dernière est orientée subtilement, par association avec un mot-titre qui insinue un sens mais sans interprétation claire. Point d’analyse rationnelle ni d’affirmation explicite mais de la suggestion : c’est le propre de la publicité et de la propagande. L’impact est très fort, il touche les masses rapidement et marque la mémoire durablement ; l’image suggère et fait passer l’idée, reprise parfois par un slogan, ici un mot. Lorsque cette suggestion est subliminale, on parle de manipulation.  Prenons trois exemples. Dans le tableau « Liberté », tout le monde a…

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Bruno Couillaud

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