Chroniques de la culture de mort

Publié le 18 Jan 2013
Chroniques de la culture de mort L'Homme Nouveau

C’est peu dire que le projet de « mariage pour tous » éclipse depuis plusieurs semaines le reste de l’actualité sociale et politique. Pourtant, la France ne s’est pas arrêtée de tourner et, sans bruit, le gouvernement avance sur d’autres sujets tout aussi graves…

Le 17 janvier 2013, les partisans de la culture de mort célébraient le 38e anniversaire de la loi Veil dépénalisant l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Un symbole fort pour le gouvernement en place, à l’occasion duquel une table ronde a été organisée à la maternité des Lilas, en Seine-Saint-Denis. Autour de la table, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, ainsi que Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement.

La première a annoncé une revalorisation du tarif à hauteur de 50 % pour les établissements de santé pratiquant l’IVG. Après la mise en place en janvier du remboursement intégral de l’avortement, cette seconde mesure devrait être effective en mars prochain. Elle doit répondre à la baisse de la pratique de cet acte « médical » considéré comme déficitaire pour les établissements de santé…

400 €, car c’est le prix actuel de l’IVG, c’est donc trop peu pour tuer.

NVB culture de mort

La seconde, Najat Vallaud-Belkacem, déplore quant à elle la trop grande visibilité sur Internet des sites pro-vie. Elle a donc réitéré son appel, lancé le 9 janvier dernier aux associations de promotion de l’IVG, à améliorer leur présence sur la toile. Inquiète du prosélytisme des militants pro-vie, mais n’ayant pas de véritable possibilité de censure à leur égard puisque leurs sites ne sont pas hors la loi, elle entend mener une « contre-offensive ». En ligne de mire, le site ivg.net, qui informe sur la réalité de l’avortement et les séquelles psychologiques qu’il peut engendrer. Aux côtés du ministre, en ordre de bataille, le Planning Familial, bien entendu, mais aussi les centres d’IVG et la Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception (CADAC). Ils prévoient le lancement du site public et officiel, « dédié, labellisé et surtout bien référencé », mais aussi « garant de transparence ».

Par ailleurs, et quoique la date ne soit pas encore certaine, la proposition de loi autorisant la recherche sur l’embryon pourrait être examinée à l’Assemblée le 28 mars prochain. Le sujet sera donc abordé en même temps que la loi sur la famille prévue par le gouvernement pour autoriser notamment la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour les couples de même sexe. L’amendement sur la PMA a en effet été retiré du projet de loi puisqu’il faisait l’objet de vives critiques. L’État n’a fait que reculer pour mieux sauter, il a soigneusement prévu son agenda, espérant sans doute que le débat sur la famille éclipserait la question de l’embryon. Hypocrite… mais efficace.

Adelaide Pouchol

Adelaide Pouchol

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéBioéthique

Transgenrisme (3/4) : Soigner à la française les mineurs tourmentés

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | Christian Flavigny, pédopsychiatre français, a vu venir de loin ce mouvement d’embrasement de la théorie du Genre et s’attache, depuis 2012, à en contrer les ravages chez les mineurs. La manifestation de ce qu’on appelle « dysphorie de Genre », chez l’enfant, est un tourment auquel la psychologie, telle qu’elle est pratiquée en France, peut et doit apporter son aide.

+

transgenrisme genre mineur
À la uneSociétéBioéthique

Transgenrisme (2/4) : Les autorités et le corps médical vont-ils enfin ouvrir les yeux ?

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | En France, le droit à l’auto-détermination de genre a fini par s'imposer, que ce soit dans le domaine médical ou juridique. Et la récente note de cadrage de la Haute Autorité de Santé ne laisse pas espérer une meilleure prise en charge des mineurs dits en « questionnement de genre », alors que de nouvelles études internationales prouvent scientifiquement le caractère inutile, voire nocif, des démarches « trans-affirmatives ».

+

transgenrisme médiale
SociétéBioéthique

Transgenrisme (1/4) : Une révolution en marche

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | L’idée de changer de sexe ne date pas d’hier, mais sa mise en application sociale, politique, voire anthropologique est une réalité désormais à la portée de tous. À l’école ou en compétition sportive, dans les lois et les cliniques, le mouvement a pris une ampleur inédite, au niveau mondial. Et quoiqu’on perçoive la montée d’une saine opposition, le combat reste prégnant.

+

transgenrisme
ChroniquesSociété

La « Nouvelle France » : concept ou création ?

C’est logique ! de François-Marie Portes | Les récentes élections municipales ont laissé penser qu'émergerait une « Nouvelle France » portée par le parti de Jean-Luc Mélenchon. Que révèle cette notion et surtout quelle logique démontre-t-elle ? En utilisant des termes flous, ne cherche-t-on pas à rassembler autour d'un réel « fabriqué » ?

+

nouvelle france