Dans l’attente du Sauveur

Publié le 16 Déc 2023
attente avent

L'ange invite saint Joseph à la confiance : exemple à suivre pour tout chrétien.

Toute la liturgie de ce temps de l’Avent souligne l’attente pleine d’espérance qui nous habite, nous qui désirons la venue de celui qui va se révéler en naissant à Bethléem pour apporter le salut à toute créature.

  En ce temps de l’Avent le plus court qui puisse être (vingt-deux jours), la troisième et dernière semaine est riche du point de vue liturgique et nous fait déjà entrevoir la lumière de Noël. Voyons-en quelques éléments. Du 17 au 23 décembre, l’Église chante, aux vêpres, les antiennes dites « Ô » car elles commencent toutes par cette interjection. Ces mêmes jours, le MR 1970 les reprend à la messe comme versets alléluiatiques. Ces antiennes qui, selon dom Guéranger († 1875), « contiennent toute la moelle de la liturgie de l’Avent » (Année liturgique), remonteraient au VIe siècle. Elles sont formées de deux parties. Tout d’abord, elles invoquent le Messie à venir sous un titre et des prérogatives qui lui sont attribués par l’Écriture. Elles supplient ensuite ce Sauveur : « Viens », avec, chaque jour, le motif espéré de cette venue. Prenons par exemple deux de ces antiennes :

« Ô Clef de David, sceptre de la maison d’Israël, toi qui ouvres ce que nul autre ne fermera et qui clos ce que nul n’ouvrira, viens et tire de sa prison le captif [littéralement : le vaincu] assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort » (20 décembre).

Cette clef de David est prédite par Isaïe (22, 22).

« Ô Aurore (Oriens), splendeur de la lumière éternelle, soleil de justice, viens et illumine ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort » (21 décembre).

Dans ces deux antiennes, on reconnaît le dernier verset du cantique de Siméon, le Benedictus, chanté chaque matin à la fin des Laudes (Lc 1, 79).   

Pas encore Noël mais plus dans l’Avent

Le dernier jour de l’Avent, les communautés suivant le MR 1962 ne célébreront pas le 4e dimanche de l’Avent, mais la Vigile de Noël. Celle-ci, comme le remarque le liturgiste dom Flicoteaux († 1956), « présente un caractère très particulier. Ce n’est pas encore tout à fait Noël, mais ce n’est déjà plus l’Avent. » Le matin, à l’office de prime, dans les monastères, on chante l’annonce de la Nativité. Le Martyrologe romain qui en contient le texte situe l’événement central de l’Histoire par rapport aux grandes…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Pierre Julien

Ce contenu pourrait vous intéresser

ÉgliseLiturgie

La Lucerne, laboratoire du renouveau de la musique sacrée

Initiatives chrétiennes

La tradition musicale et culturelle de l'abbaye de La Lucerne, dans la continuité de l'intuition de son restaurateur, l'abbé Marcel Lelégard, s'incarne plus particulièrement dans ses formations à la musique sacrée. Ouvertes à tous, elles permettent de s'approprier cette richesse de l'Église pour chanter la gloire de Dieu. Entretien avec l'abbé Guillaume Antoine, aumônier des Pueri Cantores.

+

lucerne
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Gloria 10, Alme Pater (Fêtes de la Sainte Vierge)

C’est le deuxième Glória marial du répertoire grégorien. Ce second Glória est plus récent que le précédent, puisque les manuscrits ne nous le font repérer qu’à partir du XIVe siècle, et à l’inverse du Glória IX, nous ne possédons de lui, en tout et pour tout, que deux sources manuscrites. Nous sommes en présence d’un 8e mode, donc aussi un mode de Sol, mais beaucoup plus sobre que son voisin festif.

+

agnus dei sanctus rex génitor kyrie gloria
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Introït Justus ut palma florébit (Commun des saints)

Avec cet introït, dont le texte est emprunté au psaume 91 (92 selon l’hébreu), nous nous mettons à l’école et à l’écoute de la nature. La mélodie de cet introït de 1er mode est mystérieuse et très contemplative. Elle prend son temps, et elle nous invite par là à prendre le temps, nous aussi, de contempler la croissance silencieuse et régulière du bien dans l’humanité.

+

communion kyrie introït
ÉgliseCarêmeLiturgie

Les trois piliers du Carême

L'esprit de la liturgie | L’évangile de la Tentation du Christ au désert, au premier dimanche du Carême, rappelle ce qui a fait chuter Adam et Ève, et celui du mercredi des Cendres ce que le Sauveur propose pour notre pénitence : le jeûne, la prière et l’aumône.

+

carême