De la délinquance au Christ, voyage entre deux cités

Publié le 12 Déc 2024
réseau des deux cités

Des jeunes du Rocher : une association qui a formé Rodrigue Tandu.

> Initiatives chrétiennes
Rodrigue Tandu, éducateur, fondateur du « Réseau des deux cités », vient de témoigner dans son livre De la cité de Bondy à la cité du Bon Dieu de son itinéraire. Né en Afrique, grandi en France, à Bondy (93), tombé dans la drogue et les cambriolages, il s’en est sorti par la conversion au Christ et s’est depuis mis au service des jeunes qui lui ressemblent.

 

| Pourquoi avoir choisi De la cité de Bondy à la cité du Bon Dieu comme titre pour votre ouvrage ?  

Ce titre est un bon résumé du voyage intérieur que j’ai effectué durant ma vie. Je suis arrivé en France à l’âge de 7 ans après être né à Kinshasa (République démocratique du Congo). Avec ma grand-mère paternelle, nous nous sommes installés à Bondy pour ne plus jamais repartir. J’ai eu des années de collège plutôt normales, je jouais beaucoup au foot. C’est au lycée que cela s’est corsé. J’ai commencé à faire des cambriolages, à entrer dans le monde du trafic de drogue. J’ai effectué quelques gardes à vue. Un jour, à Bondy, se sont installées trois sœurs appartenant à la communauté de l’Emmanuel. À chaque fois que je les croisais, je leur lançais un peu provocateur : « Priez bien pour moi mais barrez-vous d’ici. » Ce à quoi elles me répondaient qu’elles priaient pour moi, qu’il fallait que je change d’amis. C’est en 2002, après une fête de la musique qui a dégénéré, que j’ai demandé à sœur Claire de m’ouvrir l’église. Je les ai ensuite suivies à Paray. Avec ma réserve de cannabis, bien sûr, on ne s’oublie pas comme ça. C’est devant le Saint Sacrement que je me suis converti. Au départ je n’allais pas à la messe, seulement adorer le Saint Sacrement. Je ne savais pas bien ce que c’était, je l’appelais la « boule magique ». Peu à peu je me suis éloigné de mes fréquentations, j’ai cherché ma vocation. Et encore une fois c’est à Paray que le Christ s’est adressé à moi. Il ne me voulait pas dans une église comme prêtre mais il me voulait dans la rue, pour relever les genoux affaiblis. Je suis alors devenu éducateur spécialisé : j’ai travaillé pour les Apprentis d’Auteuil ou Le Rocher. En juillet 2019 avec Antoine Desjars nous fondons l’association le « Réseau des deux cités » où je travaille aujourd’hui. J’ai donc changé de cité.…

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