Éducation sexuelle : les familles en alerte

Publié le 10 Fév 2025
éducation sexuelle Evars borne

En tant que ministre de l'Éducation nationale, Élisabeth Borne porte ce projet Evars. © EU2017EE Estonian Presidency, CC BY 2.0

Le nouveau programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) était présenté fin janvier par Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation nationale, devant les représentants du Conseil supérieur de l’éducation. Ce projet, né sous l’impulsion de Pap Ndiaye, a déjà été réécrit deux fois. 

  Le futur programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), prévu pour la rentrée 2025, continue de diviser. Dès la maternelle, le programme propose aux enfants d’identifier des « adultes de confiance » dans leur entourage, incluant parents, enseignants, médecins ou entraîneurs sportifs. Cette démarche, censée prévenir les abus, est critiquée pour sa tendance à diluer le rôle central des parents. Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques (AFC), souligne : « Les parents sont invisibilisés, ils sont identifiés comme des adultes de confiance parmi tant d’autres. […] On indifférencie ainsi dans l’esprit des enfants la place particulière et l’autorité légitime de leurs parents. »

L’« identité de genre »

Un autre point de discorde concerne la notion d’« identité de genre » présente dans le programme. Bien que sa fréquence ait diminué par rapport aux versions précédentes, elle reste un élément central dans plusieurs cycles d’enseignement. Dès le primaire, des activités encouragent les élèves à remettre en question les rôles traditionnellement associés aux « genres » ou à analyser les « stéréotypes » présents dans les jouets et les publicités. En classe de cinquième, le programme propose de distinguer sexe biologique, genre et orientation sexuelle, tandis qu’en terminale, il suggère une réflexion sur les « Marches des fiertés » et leur signification. Philippe Delorme, secrétaire général de l’Enseignement catholique, exprime ses réserves : « Le projet présente l’éducation à la sexualité comme une matière à part entière, qui correspond à un programme. Mais on ne peut pas faire entrer un sujet comme celui-là dans un programme ! »

Le consentement

Le programme met également l’accent sur le « consentement » comme fondement des relations humaines. Bien que cette notion soit cruciale, certains estiment qu’elle est insuffisante en tant que seul référentiel éthique. Ils craignent que des enfants ou adolescents vulnérables puissent consentir à des situations préjudiciables en l’absence de repères moraux solides. Pascale Morinière avertit : « Un abuseur peut savoir comment s’y prendre avec un enfant qui pourrait se sentir bien en sa présence (émotion positive) et “’consentir”’ à des gestes d’abus. L’identification des émotions doit être complétée par une formation objective de l’intelligence et de la…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marie Etcheverry

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

Islam-République, le problème de la praxis

Après une brillante carrière de conseil et de cadre dirigeant, Jean-François Chemain est devenu volontairement enseignant d’Histoire en banlieue pour y transmettre l’amour de la France. Auteurs de nombreux ouvrages, notamment sur l’Islam en France, il analyse le sens de la parution du livre Musulmans en Occident, publié par la Grande Mosquée de Paris.

+

islam démocratie musulmans
À la uneSociétéPhilosophie

La guerre des sexes : un sophisme moderne

C’est logique ! de François-Marie Portes | Dans leur lutte contre ce qu'elles appellent l'inégalité, les féministes, qui ont manifesté le 8 mars pour la Journée des droits des femmes, rabaissent la relation hommes-femmes en l'identifiant nécessairement à une domination. Un slogan réducteur et un raisonnement sous-jacent faussement logique qui enveniment les relations entre les sexes.

+

sophisme femme sexe féminisme
Société

La prison entre exigence et humanité

Entretien | Première femme à diriger le centre pénitentiaire de Baie-Mahault, la plus grande prison de Guadeloupe, depuis avril 2023, Valérie Mousseeff témoigne dans La prison comme horizon de la réalité carcérale et de l’engagement du personnel pénitentiaire. C’est à ce titre qu’elle a répondu à nos questions.

+

Prison
Société

Vous avez dit fatigue démocratique ?

Sans surprise, les élections municipales ont donné lieu aux habituels commentaires et analyses. Malgré une certaine mobilisation lors du deuxième « round », force est de constater que l’abstention est restée globalement stable, atteignant ainsi des chiffres historiques. S’agit-il d’une crise passagère, d’une fatigue démocratique ou sommes-nous en post-démocratie ?

+

élection fatigue démocratique