En souvenir des victimes de « la Grande Terreur »

Publié le 19 Juin 2023
terreur

Joachim Bouflet, historien, vient de faire paraître un ouvrage profondément émouvant, nourri d’exemples précis, sur Le Charnier de la République – La Grande Terreur à Paris (juin-juillet 1794). On y suit le sort des guillotinés dont le corps, à cette époque, a rejoint les fosses d’un jardin devenu cimetière à Picpus.

Le mot de Terreur pour évoquer la tristement célèbre période révolutionnaire est déjà parlant. Pourquoi cette expression « Grande Terreur » forgée par les historiens ?

La « Grande Terreur » est une période de la Révolution française qui dure à peine un peu plus de six semaines et qui coïncide, à quelques jours près, avec les exécutions place du Trône Renversé (de la Nation) et l’utilisation du charnier de Picpus ; débutant avec la loi du 22 prairial (10 juin 1794), elle prend fin avec la chute et la mort de Robespierre les 9 et 10 thermidor (27 et 28 juillet 1794).

Elle se concentre à Paris essentiellement, car un décret du 27 germinal (17 avril 1794) a supprimé les tribunaux populaires en province, sauf dans le Nord et le Vaucluse : tous les suspects sont déférés devant le tribunal révolutionnaire de la capitale, il leur est supprimé toute défense et toute audition de témoins, sauf en l’absence de preuves matérielles ou morales, et les jurés n’ont le choix qu’entre l’acquittement ou la mort.

Quels artifices les pseudo-juges utilisent-ils pour envoyer le plus de détenus à la guillotine ?

Le premier artifice consiste à accuser les suspects d’être « ennemis du peuple », définition vague qui repose sur des critères moraux et non plus politiques. À partir de là, tous les moyens sont bons pour envoyer le maximum de détenus à la guillotine : la méthode de l’amalgame, qui permet d’adjoindre à un suspect tous les membres de sa famille, tenus pour évidemment complices, ou qui regroupe toute une catégorie socio-professionnelle dans une culpabilité « de corps » ; l’invention de prétendues conspirations dans les prisons ou à l’extérieur, sans compter l’appel à de faux témoins, l’absence d’actes d’accusation, les jugements écrits à l’avance ou falsifiés, les ajouts, les blancs etc.,

Parmi les victimes, quelle est la proportion de celles tuées en haine de la foi ?

Il est difficile de donner un chiffre. Dans l’absolu, on peut dire que…

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Anne Le Pape

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