Epiphanie : Triple prodige

Publié le 14 Jan 2023
epiphanie

À partir de la manifestation de l’Enfant aux Mages, l’Église souligne deux autres événements miraculeux de la vie de Notre-Seigneur, le baptême dans le Jourdain et le miracle des noces de Cana, pour en faire une seule fête, comme le souligne l’antienne du Magnificat de l’Épiphanie.   L’Épiphanie est passée. Dimanche dernier, la liturgie nous a présenté l’épisode de l’adoration de l’Enfant Jésus par les Mages. Et pourtant la manifestation de sa divinité (sens du mot grec « épiphanie ») se poursuit ce dimanche : devenu adulte, Jésus reçoit le baptême de Jean (MR 1970) et change l’eau en vin (MR 1962), deux moments de sa vie terrestre où fut manifestée sa nature divine. Depuis la dernière réforme liturgique, le Baptême du Seigneur se célèbre le dimanche sauf lorsque, comme cette année, l’Épiphanie tombe après le 6 janvier. Il fut donc célébré lundi dernier. Pour autant, l’évangile de ce dimanche nous le rappelle. C’est d’ailleurs ce passage de Jean (1, 29-34) qui figure le jour de cette fête dans MR 1962 (le 13 janvier). Plutôt qu’un récit de l’événement, l’évangéliste laisse la parole au Baptiste. Son témoignage se termine ainsi : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu » (v. 32-34). Saint Augustin († 430) voit dans cette prérogative du baptême dans l’Esprit Saint qu’a Jésus la garantie de la sainteté de cet acte : « Quels qu’en soient les différents ministres à l’avenir, saints ou pécheurs, son pouvoir ne serait attribué qu’à celui seul sur qui est descendue la colombe (…). Quand Pierre baptise, c’est le Christ qui baptise (…). Que Judas baptise, c’est le Christ qui baptise » (6e Traité sur Jean, in BR 1961). Et ce baptême vient nous sauver, comme le rappelle l’hymne de Sédulius (Ve siècle) : « L’Agneau de Dieu a touché les eaux d’une source pure ; en nous lavant il a enlevé les péchés qu’il n’a pas commis » (vêpres de l’Épiphanie). Ce dimanche fait entendre aussi le fameux récit des noces de Cana (MR 1962) : « Nouveau signe de puissance : les eaux des urnes rougissent…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Pierre Julien

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseÉglise de France

L’urgence de former les fidèles à l’islam

Entretien | Fondateur des Missionnaires de la Miséricorde divine qui œuvrent à l’évangélisation explicite de l'islam, l’abbé Fabrice Loiseau vient de publier Chrétiens et musulmans, avons-nous le même Dieu ? (Artège). Il appelle notamment à une formation des catholiques pour annoncer le Christ aux disciples de Mahomet.

+

Loiseau islam
À la uneÉgliseLiturgie

Le Royaume de Dieu, notre premier but

L’esprit de la liturgie | Pour sauver sa vie, il faut non seulement vivre dans le détachement des richesses terrestres, mais aussi dans le renoncement à soi-même. Une véritable richesse en découle, celle de la Vérité et de l'union au Christ sur terre et au Royaume.

+

liturgie royaume de dieu bien
À la uneÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Séquence Ave Maria

La séquence Ave Maria est une authentique petite merveille de grâce et de pureté. C'est une salutation à la sainte Vierge qui devient louange puis prière. La mélodie est porteuse et facile à retenir parce qu'elle est alternée et se répète de deux phrases en deux phrases. Il s’agit d'un 6ᵉ mode, celui de l'enfance spirituelle.

+

grégorien Ave Maria
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeHistoire

Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (2/4) : Sainte Kateri, le Lys des Mohawks

DOSSIER « Sainte Kateri Tekakwitha, la sainteté en Nouvelle-France » | Née en 1656 et morte en 1680 à l’âge de 24 ans, Kateri Tekakwitha est la première autochtone d’Amérique du Nord à avoir été canonisée. En apostolat au Canada, l’abbé Jacques Breton, de la Fraternité Saint-Pierre, souligne combien cette pure figure rappelle la haute vocation de la France dans l’ordre de la Providence.

+

Kateri Tekakwitha
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeHistoire

Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (3/4) : Trois portraits pour une histoire

DOSSIER « Sainte Kateri Tekakwitha, la sainteté en Nouvelle-France » | Il faudrait des volumes pour retracer les vies des grands acteurs de la présence française au Canada et de la diffusion du catholicisme. Parmi beaucoup d’autres, un explorateur, un notable et une religieuse donnent une certaine idée de l’aventure catholique et française en Amérique du Nord.

+

nouvelle-france