Euthanasie : les Ehpad catholiques en danger

Publié le 30 Jan 2026
euthanasie
Alors que la Sénat a rejeté le 21 janvier dernier le principe de la mort volontaire et a voté le 28 janvier la loi sur les soins palliatifs, la menace n’est pas écartée. Si l’Assemblée nationale revient sur son texte initial de mai 2025, la situation sera invivable pour les établissements refusant de donner la mort. Le combat n’est pas fini pour le respect du droit à la vie.

  Grâce à la mobilisation de congrégations hospitalières, le Sénat a adopté le 21 janvier 2026, en première lecture, un amendement garantissant explicitement la liberté des établissements médico-sociaux, y compris confessionnels, à ne pas pratiquer l’euthanasie et le suicide assisté. Le Sénat a aussi rejeté le principe même du droit à la mort volontaire et l’a remplacé par « le droit » de toute personne « au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance ». Ce droit est garanti jusqu’au décès de la personne, « sans qu’aucune intervention volontaire ait pour intention de provoquer la mort ou d’aider à mourir ». Le Sénat réaffirme ainsi le droit aux soins palliatifs, « même lorsque ces moyens sont susceptibles d’altérer la conscience ou de raccourcir la vie, dès lors qu’ils ont pour finalité exclusive le soulagement de la souffrance ».

Un risque réel

La seconde lecture du texte débutera à l’Assemblée nationale le 17 février. Le risque est réel que l’Assemblée veuille rétablir le texte qu’elle a adopté en mai 2025. Il était terrible : il permettait l’euthanasie et le suicide sur décision d’un seul médecin, à la demande orale d’un patient, en trois jours, sans que les proches soient informés et puissent agir en justice. Le tout pouvant être pratiqué sur une personne dont la maladie n’est pas même en phase terminale. Quant au contrôle, il ne devait être exercé qu’après la mort, celle-ci pouvant être infligée par le même médecin qui l’a décidée. Tant les conditions d’accès à la mort que la procédure d’exécution de la décision et son contrôle ont été conçus pour faciliter le décès. Les portes de la mort seraient grandes ouvertes, pour garantir une prétendue « liberté ».

L’obligation de tuer

Ce texte privait de toute liberté de conscience les pharmaciens, les personnels administratifs et les gestionnaires des établissements. Les pharmaciens auraient l’obligation de produire le poison, tandis que les médecins objecteurs devraient toutefois se rendre complices de la mort en indiquant au suicidaire les coordonnées d’une personne disposée à le…

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Grégor Puppinck | Directeur de l’ECLJ

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