Facebook, un monde sans ami

Publié le 13 Fév 2023
facebook

Considérable par la puissance mais déjà ancien dans le monde des réseaux sociaux, Facebook fonctionne sur l’idée de partager photos et informations avec des « amis ». Mais que faut-il entendre par là? Un « ami Facebook » n’est pas un ami réel et l’ambiguïté du mot fait toute l’infortune de l’utilisateur.

Facebook est le grand-père déclinant des réseaux sociaux. En effet, le lancement de cette plateforme a eu lieu le 4 février 2004, soit il y a tout juste 19 ans ce qui est, pour un réseau social, une durée de vie particulièrement longue. Le nom signifie «trombinoscope» en anglais et la plateforme fut fondée par Mark Zuckerberg, jeune Américain de l’université de Harvard. Quatre autres étudiants le rejoignent peu après afin de l’aider face à l’engouement général. À l’origine, son usage était réservé aux étudiants de cette université; le but était de proposer une plateforme virtuelle de partage de photos et d’informations. Zuckerberg décide rapidement d’ouvrir Facebook à d’autres universités puis à des entreprises (Microsoft et Apple). En 2006, Facebook est rendu accessible à toute personne âgée d’au moins 13 ans. Aujourd’hui, 17 ans plus tard, Facebook est le réseau social le plus utilisé (avec quasiment 3 milliards d’utilisateurs actifs en 2022) [1]. Il est important de se rendre compte du «poids» de l’entreprise de Zuckerberg, Meta, qui possède Facebook, Instagram et, depuis peu, WhatsApp. Les liens sociaux virtuels sont en grande majorité concentrés autour de cette entreprise. Ce qui est premièrement intéressant lorsque l’on regarde plus précisément cet outil, c’est qu’il use d’un mot étonnant lorsque l’on regarde un réseau social: le mot « ami ». Sur Facebook, il est possible de se connecter virtuellement à des personnes. Si vous acceptez une connexion, la personne concernée sera considérée comme votre ami(e). Elle aura ainsi accès à vos photos, aux informations que vous publiez et à la liste de vos amis. Facebook alors vous « suggérera » de vous connecter à d’autres personnes que vous « connaissez » peut-être, ce qu’il déduira de l’ajout de votre nouvel « ami ». De fil en aiguille, l’usager de Facebook se retrouve à accepter des demandes d’ajouts ou bien à en faire à des personnes de plus en plus éloignées de sa vie concrète. D’anciens camarades, des collègues ou des personnes dont il serait « fan ». Ainsi, ll’utilisateur…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

François-Marie Portes, Directeur de l'Ircom-Lyon

Ce contenu pourrait vous intéresser

Société

L’homme transformé (3/3) | Résister à l’emprise du monde moderne

DOSSIER n° 1843 « L’homme transformé, l’illusion d’un salut sans Dieu » | Face à un système fondé sur le consensus, la conformité et la servitude volontaire, la résistance ne peut plus prendre la forme des révoltes d’hier. Elle passe aujourd’hui par la lucidité, la formation intellectuelle et la reconstruction d’une vie réellement libre.

+

l’homme transformé totalitarisme
Société

L’homme transformé (2/3) | La métempsychose du totalitarisme

DOSSIER n° 1843 « L’homme transformé, l’illusion d’un salut sans Dieu » | Sous des formes nouvelles, le totalitarisme poursuit son œuvre de domination. Né du rejet de l’héritage chrétien et de la volonté de refonder l’homme, il s’est recomposé dans les sociétés libérales contemporaines. Sans violence apparente, mais par l’idéologie, le contrôle social et le déracinement, il impose désormais une version de lui-même d’allure douce.

+

homme transformé totalitarisme
Société

L’homme transformé (1/3) | Du totalitarisme au transhumanisme, la tentation de l’homme transformé

DOSSIER n° 1843 « L’homme transformé, l’illusion d’un salut sans Dieu » | Dans son essai L’Homme transformé, Philippe Pichot Bravard analyse un fil rouge de l’histoire moderne : la volonté de créer un « homme nouveau ». Des régimes totalitaires du XXᵉ siècle aux projets transhumanistes, cette utopie revient sous des formes différentes mais garde la même logique. Entretien.

+

homme transformé homme nouveau
Société

La messe n’est pas dite : Zemmour réclame une bouée trouée

L’Essentiel de Thibaud Collin | Dans son nouvel essai La messe n’est pas dite, Éric Zemmour en appelle à un « sursaut judéo-chrétien » pour sauver la France. Mais sous couvert d’un éloge du catholicisme, l’auteur ne réduit-il pas la foi chrétienne à un simple outil civilisationnel ? Une vision politique, historique et culturelle qui oublie l’essentiel : la source spirituelle de la France chrétienne.

+

la messe n’est pas dite zemmour
Société

« Mourir pour la vérité » de Corentin Dugast : reconstruire notre vie intérieure

Entretien | Dans son nouveau livre, Mourir pour la vérité, Corentin Dugast rend hommage à Charlie Kirk, figure chrétienne assassinée pour son engagement, et appelle les catholiques à renouer avec une vie intérieure authentique. Entre prière, combat doctrinal et exigence de vérité, il invite à sortir de l’indignation permanente pour retrouver un témoignage chrétien ferme, paisible et profondément incarné.

+

Charlie kirk Amérique Corentin Dugast