Fiducia supplicans (2/3) : une réception houleuse

Publié le 12 Jan 2024
Fiducia Supplicans

Depuis les États-Unis également les reproches fusent. Ici, Mgr Chaput, archevêque émérite de Philadelphie

La déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi a soulevé depuis sa publication protestations et critiques de prélats et de conférences épiscopales au complet, dans un mouvement assez inhabituel dans l’Église. Le dicastère a dû publier une clarification peu convaincante.

  Le 18 décembre dernier, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi publiait la déclaration Fiducia supplicans permettant la bénédiction de « couples » homosexuels ou de couples homme/femme non mariés à l’église. Puis, le 4 janvier 2024, il publiait un communiqué de presse « pour aider à clarifier la réception » de cette déclaration. Que s’est-il passé entre les deux ?  

Des réactions très nombreuses opposées à Fiducia supplicans

« Dans l’histoire contemporaine de l’Église, jamais un texte n’avait suscité autant d’opposition chez les évêques », écrit Christophe Dickès, spécialiste de l’histoire du Vatican. Voici quelques exemples, en sachant qu’ils ne représentent que le haut de l’iceberg puisque les évêques ne se sont pas encore tous prononcés publiquement. En Afrique, les Conférences Épiscopales sont très nombreuses à s’opposer à FS (Congo RDC, du Congo Brazzaville, du Mozambique, de l’Angola et Sao Tomé). Cette opposition est validée par le Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM). À leur sujet, le communiqué du DDF attribue ces refus à une raison culturelle qu’il faudrait faire évoluer. Ce que contestent les évêques africains car leur position se fonde sur la loi naturelle et la Parole de Dieu, ces dernières étant immuables et transcendantes aux cultures. « Dans l’histoire des peuples, les pratiques d’homosexualité n’ont jamais donné lieu à une évolution sociétale, mais sont les signes évidents de la décadence des civilisations » (évêques du Cameroun). En Europe, les conférences épiscopales de Pologne, de Hongrie, d’Ukraine refusent Fiducia supplicans, ainsi que plusieurs évêques et les cardinaux Müller et Sarah. La France est bien représentée dans ce refus, avec Mgr Aillet et tous les évêques de la Province de Rennes. De plus, Jean-Marie Guénois a révélé que beaucoup plus d’évêques français sont opposés à FS et le Conseil Permanent de la Conférences des évêques de France ne reprend pas l’appel du Vatican à bénir des couples. Pour les Amériques, des évêques se sont exprimés contre ces bénédictions, notamment le cardinal Sturla (Uruguay) et Mgr López-Brea (Pérou), qui est soutenu par l’ensemble de ses prêtres. Ceux-ci supplient le pape François « d’annuler la validité » de…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Abbé Yves-Marie Couët

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Sanctus 16 (semaine du temps ordinaire)

Le Sanctus 16 est un des plus simples de toute la série. Il est daté du XIIIᵉ siècle et serait probablement d’origine anglo-saxonne. Il se présente comme une légère amplification d’une déclamation, et son caractère assez syllabique le range parmi les Sanctus les plus faciles à mémoriser et donc à chanter pour une foule. Il s’agit d’un 2ᵉ mode à l'ambitus assez restreint.

+

SANCTUS
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique | Kyrie 16 (jours ordinaires)

Le Kyrie 16 est le plus bref puisqu’il tient sur deux lignes de portée à peine. Il est daté des XIe-XIIIe siècles, mais il remonte sans aucun doute beaucoup plus haut et sa modalité est très archaïque. Il est marqué en 3ème mode et suit un schéma extrêmement simple : abaa’.

+

kyrie