Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n’est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l’état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s’accélère.
Les raisons de fond qui commandent de s’opposer à la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté ont déjà été exposées, travaillées, approfondies : l’interdit de tuer comme socle de la civilisation, la protection due aux plus fragiles, la cohérence du droit, la vocation soignante de la médecine. Il ne s’agissait donc pas pour nous de les répéter mais de choisir, à l’heure où le débat parlementaire s’apprête à reprendre, un angle à la fois fédérateur, stratégique et d’actualité : celui de la fabrication de l’opinion.
Un récit martelé et faux
Depuis des mois, un récit s’impose comme une évidence : « les Français réclament massivement l’euthanasie ». Ce récit est martelé, mis en scène, présenté comme indiscutable. Il est relayé avec une étonnante homogénéité par l’audiovisuel public, financé par l’impôt, où les mêmes chiffres circulent, les mêmes visages s’expriment, les mêmes histoires sont convoquées. Le pluralisme, pourtant exigence démocratique élémentaire, en est dramatiquement absent : trop peu de médecins de soins palliatifs, trop peu de soignants de terrain, trop peu de familles ayant accompagné un proche jusqu’à sa mort naturelle. C’est précisément cette confiscation du débat que notre pétition dénonce. Non en entrant immédiatement dans une controverse éthique – que nous assumons pleinement – mais en interrogeant le procédé : comment peut-on faire croire à un consensus là où il n’existe pas ? Comment peut-on transformer une question grave, engageant le rapport social à la mort, en une évidence médiatique ? Ce choix n’est pas abstrait. Il s’inscrit dans un contexte très concret : celui des controverses grandissantes autour de l’audiovisuel public, mises en lumière jusqu’à l’Assemblée nationale par la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Cette séquence parlementaire a révélé la puissance d’un entre-soi politico-médiatique capable d’orienter durablement la perception de sujets sensibles. La fin de vie n’échappe pas à ce mécanisme ; elle en…







