Le 18 mai, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, était en déplacement en Algérie. Ce sera prochainement au tour de Saïd Sayoud, le ministre de l’Intérieur algérien, de se rendre en France pour réinstaurer « une coopération sécuritaire » entre les deux pays.
Saïd Sayoud, le ministre de l’Intérieur algérien, se rendra en France « dans quelques jours », apprenait-on le 17 mai, pour réinstaurer « une coopération sécuritaire » entre nos deux pays. Cette visite va faire suite aux déplacements à Alger de Laurent Nuñez, le premier policier de France, à la mi-février, et de Gérald Darmanin, notre ministre de la Justice, le 18 mai. Pour Nuñez, « c’est un signal très positif ». « Sur la partie sécuritaire et migratoire, nous sommes obligés de discuter avec l’Algérie », a-t-il précisé. Et d’ajouter : « C’est un grand pays qui a un certain savoir-faire en matière de renseignement et de sécurité. Avoir des échanges avec lui est nécessaire. » Certes ! Mais il conclut par des mots surprenants : « Avec plusieurs millions de personnes de part et d’autre de la Méditerranée qui sont concernées par la relation franco-algérienne et la vivent très directement (…) quel est l’intérêt d’avoir un bras de fer dans ces conditions ? »
Des intérêts contraires
Puis il porte le coup d’estocade, assénant : « Ceux qui ne cherchent qu’à braquer l’Algérie ne pensent pas aux intérêts de la France mais à leurs intérêts électoraux. » Allusion on ne peut plus claire à la politique algérienne de Bruno Retailleau auquel, aujourd’hui, on impute la fâcherie entre l’Algérie et la France. C’est faire une analyse un peu rapide des faits. En réalité, la tension est apparue avec la décision d’Emmanuel Macron, dans le courant de l’été 2024, de soutenir la politique marocaine d’annexion du Sahara occidental quand, en face, l’Algérie voudrait voir émerger un État inféodé à sa politique. Nulle autre nécessité que de plaire au Maroc ne justifiait le choix présidentiel. Prendre parti dans la dispute entre les deux pays maghrébins était une erreur. En revanche, Retailleau a eu le mérite de braquer les projecteurs sur la mauvaise foi du régime en place à Alger. Ce dernier n’a du reste pas manqué de répliquer par le chantage, embastillant sous des prétextes de circonstance l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et le journaliste français Christophe Gleizes. Or, rappelons-le, si le premier a été libéré grâce à l’intercession de l’Allemagne, le second regarde toujours le ciel derrière des barreaux. De plus, le coup de…







