François Hollande, ambassadeur du fauteuil roulant

Publié le 21 Mar 2012
François Hollande, ambassadeur du fauteuil roulant L'Homme Nouveau

« Je garantirai l’existence d’un volet handicap dans chaque loi. Et je renforcerai les sanctions en cas de non-respect des 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises, les services publics et les collectivités locales. ».C’est la mesure 32 du programme du candidat socialiste François Hollande qui tient, vaille que vaille, à « lutter contre toutes les discriminations » à grands coups de pourcentage.

Cette vaillante mesure prend une saveur toute particulière en cette Journée mondiale de la Trisomie.

Car  6 %, comme d’ailleurs 200 % , ce n’est pas une vraie place dans la société. Ce ne sont certainement pas chiffres et menaces de sanctions qui rendront les Français moins handicapés du cœur et de l’intelligence, qui feront valoir l’inaliénable dignité de toute personne, fût-elle atteinte dans son corps ou son intelligence.

Rien de plus arbitraire qu’un quota.

Imaginons, juste pour voir, une petite entreprise familiale, qui poursuit son petit bonhomme de chemin malgré la crise avec huit employés. Pour eux, 6 % des effectifs revient à 0,42 personne. Ils songent donc à ce que l’un d’eux se casse les deux bras et trois dents, histoire d’avoir 0,42 pour cent d’invalidité…

Ici, une petite entreprise de neuf employés. Parmi eux, deux personnes handicapées, soit quelque 22,2 % des effectifs. Magnifique. Et pour eux, pour les champions des quotas, les fous de la lutte contre la discrimination, y a-t-il un prix à la fin ? Une médaille ? Une inscription dans le livre des records ?

Rien de plus discriminant, justement, que ces quotas, fleurons de cet avatar de l’égalitarisme qu’est la discrimination positive.

Ils disent au discriminé en question :  Tu es tellement discriminable qu’il faut bien forcer les gens à ne plus discriminer en prenant des mesures coercitives qui sont en fait discriminantes aussi puisqu’elles te confirment dans ton statut de discriminé mais d’une discrimination sympa, tolérante et démocratique. Pas charitable pour un sou, mais démocratique. On ne refusera plus ta candidature pour cet emploi parce que tu es handicapé. On l’acceptera… parce que tu es handicapé.

Fût-ce au mépris du plus élémentaire bon sens.

Au lieu de faire valoir les qualités des personnes handicapées et d’envisager les emplois dans lesquels elles pourraient s’épanouir tout en tenant une place véritable dans le monde du travail,

au lieu de faire valoir les organismes d’intégration et de formation des personnes handicapées… un vulgaire 6 % est concédé aux plus vulnérables d’entre nous.

N’ont-elles droit aussi qu’à 6 % de notre considération ?

Les handicapés, discriminés positifs, ont rejoint les femmes, les immigrés et les homosexuels. Et eux, à combien de pour cent ont-ils droit ?

Imaginez un peu, une femme immigrée, handicapée et homosexuelle… ça fait du 100 %, non ?

Ce contenu pourrait vous intéresser

A la uneSociétéLectures

L’inégalité, un outil de civilisation ?

Entretien | Juriste et historien, Jean-Louis Harouel s’attaque dans un livre récemment paru au mythe de l’égalité. Il postule que cette « passion laide » contemporaine, destructrice de la famille, entre autres, ne sert en rien les intérêts d’une population, en montrant que seule l’inégalité, créatrice de richesses, encourage la production et par là-même augmente le niveau de vie et conditionne le progrès moral et scientifique. Entretien avec Jean-Louis Harouel sur son livre Les Mensonges de l’égalité. Ce mal qui ronge la France et l’Occident.

+

égalité mythe
SociétéEglise de France

Pandémie : un avant-goût de la restriction des libertés fondamentales ?

Entretien | Le colloque « Pandémie, Droit et Cultes » s’est tenu à Paris en mars 2022. Ses actes rappellent qu’entre 2020 et 2022, les prérogatives de l’État ont été augmentées de manière extraordinaire au détriment des libertés essentielles, dans un renversement complet de la hiérarchie des biens. Une situation dangereuse qui pourrait bien se reproduire sous des prétextes variés. Entretien avec Guillaume Drago, co-organisateur du colloque et professeur de droit public à l’université de Paris-Panthéon-Assas.

+

pandémie liberté de culte
A la uneSociétéBioéthique

Fraternité et euthanasie : un débat sciemment faussé

Faisant droit aux revendications anciennes et répétées de certaines associations, le président Macron vient d’annoncer une loi sur l’euthanasie. Mais en usant d’un registre lexical détourné qui évoque l'« aide à mourir », l’autonomie de l’individu, les « conditions strictes » et la « fraternité »... Toutes expressions trahissent le sophisme, l’influence des officines francs-maçonnes, la solution miraculeuse aux déficits et surtout la crainte d’un vrai débat.

+

fraternité euthanasie
SociétéBioéthique

50 ans de résistance à l’avortement (3/3) : Combat contre l’avortement et transition postdémocratique

Question disputée | Combattre à temps et à contretemps en faveur de la vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle, est une urgence née des lois mortifères mises en place par un système politique qui, loin d'être neutre, a rompu dès ses origines avec les exigences de la loi naturelle. Dès lors, n'est-il pas nécessaire de finaliser ce combat particulier en l'insérant dans une perspective plus large ?

+

AdobeStock 417378513 avortement