Histoires sur les chemins de Chartres

Publié le 30 Mai 2012
Histoires sur les chemins de Chartres L'Homme Nouveau

Ils étaient plus de 10 000 sur les routes de Chartres cette année encore. On voit désormais autant de mèches de « tradis » que de mèches rebelles, de crânes rasés que d’hommes chevelus. Les Bensimon concurrencent largement les chaussures bateaux et les sweats à capuche sont légions quand la vareuse semble une espèce en voie de disparition. Bref, le mythique pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté ne rassemble pas seulement les latinistes distingués et l’on a même entendu, lors de la messe de Pentecôte, un chant de la communauté de l’Emmanuel. Comme chaque année, des catholiques persuadés que la messe saint Pie V n’attire plus que quelques vilains réactionnaires découvrent toute la richesse d’une liturgie et toutes les grâces qui peuvent abonder le long du chemin qui mène à Chartres. L’on pourrait recueillir des centaines de fioretti. En voilà quelques-uns…

L’histoire, d’abord, de cet homme qui s’apprêtait à entrer au séminaire pour Points-Cœur et qui a voulu découvrir le pèlerinage. Tout futur prêtre qu’il était, il a confié avoir été particulièrement touché par l’importance donnée dans la forme extraordinaire du rite au « Et incarnatus est » du Credo. « Ces milliers de personnes agenouillées à ce moment crucial de la profession de notre foi est absolument magnifique. »

L’histoire ensuite de cette jeune fille nourrie depuis le berceau de la messe paroissiale, fût-elle affreusement pauvre liturgiquement et célébrée par un prêtre progressiste revendiqué. Ce qui l’a touchée, ce fut le silence étonnant qui règne pendant la messe alors que des milliers de pèlerins, dont des enfants, sont rassemblés. « Il y a moins de bruit que dans ma paroisse où, avec seulement une trentaine de vieilles paroissiennes, c’est la foire d’empoigne ! »

L’histoire enfin, de cette jeune fille éduquée dans une famille très fervente mais franchement pas tradi et même hostile à l’égard de cette drôle d’espèce. Elle est pourtant venue cette année sur les routes de Chartes, sans doute à la fois par l’opération du Saint-Esprit et par l’esprit de contradiction qu’elle cultive à l’envi et qui lui a fait faire ce que jamais personne n’avait fait dans sa famille. Elle est arrivée, au terme des cent kilomètres, fatiguée mais ravie, pensant déjà au pèlerinage de 2013. Elle a conclu par ces mots : « Finalement, les tradis ne sont pas du tout comme on croit ».

Mission accomplie et à l’année prochaine !

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