Homos et cathos : l’Esprit contre l’Église ?

Publié le 16 Juin 2026
homos et cathos église

Pour ces chrétiens, l’Église doit se convertir en changeant la morale sexuelle. (Pixabay/LollipopPhotographyUK)

> L’Essentiel de Thibaud Collin
Alors que le Groupe d’étude 9 du Synode sur la synodalité vient de faire paraître un rapport qui, selon le cardinal Willem Eijk, risque d’affaiblir l’enseignement moral de l’Église, en particulier sur les questions liées à l’homosexualité, un livre paraît en France qui va dans le même sens. Sous un titre explicite, Homos et cathos, il appelle l’Église à rien de moins qu’à changer de doctrine en la matière, le vécu de chacun devenant la mesure de tout le donné chrétien.

  Homos et cathos donne la parole à des chrétiens homosexuels et à leurs proches. Il fait suite à la publication d’un numéro de la Revue d’Éthique et de Théologie morale (1) dont nous avions parlé en janvier dernier (2). La méthode de ce collectif est annoncée sur le bandeau de couverture : Des vies qui parlent, des théologiens qui répondent. Le livre est constitué par un entrelacement de témoignages et de réflexions théologiques concernant différents thèmes comme le coming out, l’accueil en Église, la conjugalité homosexuelle, la question des fécondités, la nécessaire révision de la morale sexuelle, etc. 

Une pratique légitime ?

Avant d’aborder le fond du livre et ses enjeux, il est nécessaire de constater un fait social que les moralistes ont parfois tendance à négliger : une fois qu’une pratique est légalisée dans une société, très rapidement elle apparaît comme légitime à l’immense majorité de ses membres. Sans remonter très loin, on l’a constaté avec l’avortement. D’abord autorisé à titre de tolérance, l’avortement est désormais vu comme la clef de voûte de la liberté des femmes.

Une fois qu’une pratique est légalisée dans une société, très rapidement elle apparaît comme légitime à l’immense majorité de ses membres.

De même, l’ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe a largement contribué à légitimer l’homosexualité, identifiée désormais à « une variante minoritaire non pathologique ». On en veut pour preuve que dans la plupart des écoles catholiques, et même celles qui exaltent fièrement leur catholicité, la position de l’Église sur le sujet est devenue taboue. Le « démon muet » fonctionne à plein. Et en parallèle, depuis quelques années, monte en puissance un mouvement de remise en cause de la doctrine anthropologique et morale sur le sujet. Il est évident que la légitimation sociale de l’homosexualité reflue aujourd’hui sur la vie des communautés chrétiennes et,…

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Thibaud Collin 

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