> L’Essentiel de Joël Hautebert
Face à la marche de notre société vers un abîme sans fond, le droit naturel peut apparaître comme une source de solutions. Un livre récent ouvre des perspectives sur ce qu’il est possible de faire, en restant en prise avec le réel. La recherche du juste dans l’enseignement, l’éducation ou l’économie, par exemple, permet de retrouver le bon sens des choses.
Que faire ? Cette question taraude tous ceux qui, ne se contentant pas d’un rôle d’observateurs, veulent agir pour inverser le sens de la marche qui nous conduit aujourd’hui vers un abîme sans fond. Cette interrogation exige d’articuler habilement réflexion et action, évitant ainsi de tomber, d’une part, dans la contemplation stérile d’un ordre théorique que l’on se plaît à croire parfait ni, d’autre part, dans l’activisme tout aussi inefficace pour le service du bien et de la justice. L’ouvrage Le droit naturel, une ressource pour notre temps (1) s’inscrit dans cette perspective, en essayant d’identifier comment le droit naturel peut apparaître aujourd’hui comme une source de solutions. Les chapitres relatifs aux questions théoriques ou philosophiques, qui ne sont évidemment pas absentes, précèdent d’autres communications proposant des pistes pratiques en vue de la recherche de la justice, dont la définition (rendre à chacun ce qui lui est dû) est rappelée d’emblée.
Comment tendre à un éveil des intelligences ?
Comment, dans le contexte actuel, marqué par le rejet de la nature (tant de l’homme que des choses) et de toute vérité objective, tendre vers un éveil des intelligences ? Le volontarisme et le positivisme juridique sont présentés dans l’introduction comme les causes principales des égarements actuels, dont Aude Mirkovic nous donne d’éclairantes illustrations. Voici le genre de contentieux que les juges sont amenés à régler aujourd’hui : un homme, récemment « autodéterminé comme femme à l’état civil », bien que toujours doté de ses organes masculins (c’est possible !), est dans le même temps marié et « père » de famille depuis des années… lorsque sa femme se retrouve enceinte d’un nouvel enfant. Il reconnaît ce dernier mais demande que soit écrite sa qualité de « mère non gestatrice ». Nous sommes entrés dans un monde purement fictif totalement émancipé du bon sens et du réel. Or le droit naturel a pour socle le réel qu’est justement la nature. Belle occasion de rappeler que le droit connaît depuis des siècles des fictions juridiques, mais celles-ci…







